Longtemps méconnu, le bassin Brown est pourtant chargé d’une valeur
hautement historique. C’est à cet endroit que, dans la nuit du 12 au
13 septembre 1759, près de 4 000 hommes, avec le général Wolfe à leur
tête, débarquent à Québec. Quelques heures plus tard, la bataille des
Plaines d’Abraham entraîne la capitulation de Québec avant que ne sonne,
en 1763, le glas de la Nouvelle-France.
Sous le Régime anglais, entre 1780 et 1860, le bassin Brown se lie
étroitement à l’activité portuaire, avec le commerce maritime et la construction
navale. L’équarrissage du bois constitue l’activité principale du chantier, et
les ouvriers irlandais représentent près de la moitié de son équipe. Au 20e
siècle, le site accueille un quai ferroviaire puis sert au transport du bois à
pâte. Il devient ensuite une propriété du Port de Québec sans vocation précise.
Interprétation et survol des eaux
Le réaménagement du bassin Brown lui donne une vocation récréative et
touristique, tout en le désenclavant, histoire de l’intégrer à la ville et à ses
parcs.
Un centre d’interprétation, une promenade et un lien cyclopédestre avec la
piste cyclable du boulevard Champlain s’insèrent dans le projet. Le site
bénéficie de la consolidation partielle du quai Léonard et d’une mise en
lumière. Figurent également en ce lieu des berges accueillantes et une
passerelle au-dessus des eaux, sans oublier des aires de stationnement, une
patinoire et des terrains de pétanque.
La conception du centre d’interprétation du bassin Brown est fortement
inspirée des principes LEED (Leadership in Energy and
Environmental Design), une certification internationale en développement
durable. Cet édifice non polluant mise sur un design innovateur ainsi que sur
une faible consommation en eau et en énergie, grâce à la géothermie et à un toit
végétal. Il intègre des matériaux recyclés et durables.
Axe du temps
L’escalier du Cap-Blanc relie la promenade aux plaines d’Abraham– le legs du
gouvernement du Canada à la ville de Québec pour son tricentenaire. Les
visiteurs peuvent ainsi emprunter cet «axe du temps» pour se promener de la
haute-ville à la basse-ville, hiver comme été. Quant à elle, la passerelle
propose plusieurs points d’interprétation historique, de même qu’une plateforme
pour la pêche en bordure de la rive.
La réhabilitation du bassin Brown s’appuie en outre sur la préservation des
piliers ducs d’Albe – témoins d’un projet de traverse –, la restauration du
rivage de la petite baie – avec des accès aux piétons – et une facilité
d’accostage pour les canots et kayaks. Des stationnements et un réseau de
sentiers pédestres offrent de magnifiques vues sur le fleuve. De plus,
l’intégration d’espaces polyvalents gazonnés pour des jeux de balle, pique-nique
et bains de soleil vient compléter la revitalisation du lieu.