Transport
Dans la région métropolitaine de Québec, il s’effectue environ deux
millions de déplacements par jour pour aller au travail, étudier,
magasiner et se divertir. Les deux tiers de ces déplacements se font par
les résidants du territoire de l’agglomération de Québec.
Le passé
La région de Québec a connu le même type de développement urbain que les
autres régions métropolitaines de l’Amérique du Nord. De 1960 à 1990, on a
assisté à la croissance exceptionnelle des ménages qui, de surcroît, avaient
de plus en plus les moyens d’accéder à la propriété. Les femmes ont
également fait massivement leur entrée sur le marché du travail durant cette
période. Pour répondre à la forte demande en habitation, les villes ont
ouvert de nouveaux espaces à l’urbanisation, ce qui a favorisé la création
de banlieues de plus en plus éloignées des villes centres. Les lieux
d’emploi se sont également dispersés et les centres commerciaux ont été
installés à la périphérie des villes.

Le carrefour Charlesbourg.
Photo : Ville de
Québec
Cette expansion des périmètres urbains s’est effectuée de pair avec le
développement des autoroutes et des grands axes routiers. C’était l’ère des
investissements massifs dans le béton, ce qui constituait une réponse à la
vision de l’époque où l’on associait la richesse à la possession d’une
automobile. Ce type de développement a contribué d’une part à accroître les
déplacements en automobile et, d’autre part, à rendre le transport en commun
difficile à organiser et nettement plus coûteux en raison de l’éloignement
et de l’éparpillement de la population. Aujourd’hui, des investissements
massifs doivent être consacrés à la réparation et à l’entretien du réseau
routier.
L’automobile demeure toujours le mode privilégié de déplacement des résidants
de Québec et de la région. Bien que l’on note un certain ralentissement de
la croissance des déplacements ces 10 dernières années, globalement les
déplacements en automobile se sont accrus de près de 15 % dans
l’agglomération de Québec et de près de 22 % sur le territoire de Lévis, de
1996 à 2006. L’usage du transport en commun, pour sa part, a connu une
décroissance de l’achalandage jusqu’au milieu des années 1990, puis une
stagnation jusqu’au début des années 2000. Depuis 2004, la tendance à
l’augmentation des déplacements par transport collectif est claire et
s’accélère d’année en année. L’achalandage du Réseau de transport de la
Capitale est passé de 37,5 millions à 45,6 millions de passagers entre 2004
et 2008, une croissance de plus de 20 %. À la Société de transport de Lévis,
le nombre de passagers a augmenté de 13,3 % pendant la même période.
L’automobile (conducteurs et passagers) était utilisée pour 72 % des
déplacements effectués sur une base quotidienne dans l’agglomération de
Québec en 2006, alors que le taux d’utilisation du transport collectif était
d’environ 9 %. Pour ce qui est des déplacements dits actifs, la marche
atteint une part modale de 14 % alors que le vélo est très peu utilisé au
quotidien, soit pour 1 % des déplacements. Le solde des autres déplacements
(4 %) regroupe divers modes de transport : taxi, transport scolaire, moto,
train, avion et traversier.

Les problèmes de congestion routière s’aggravent. De 2003 à 2007, le temps de
parcours sur certains grands axes routiers de Québec s’est accru de 35 % à
102 % durant les périodes de pointe du matin et du soir.
L’avenir
L’efficacité future des modes de déplacement à Québec et dans la région sera
tributaire de multiples facteurs, dont la réglementation environnementale,
le choix des modes de déplacement privilégiés par les citoyens, les
politiques d’aide financière des gouvernements, le type d’urbanisation, les
orientations de la Ville et de la Communauté métropolitaine en matière de
transport, les technologies privilégiées, etc.
Quatre de ces facteurs exerceront inévitablement une grande influence sur les
choix qui se posent aux citoyens et aux élus de Québec :
L’environnement

Traverse Québec-Lévis.
Photo : Ville de Québec
Les modes de déplacement devront contribuer à limiter et même à réduire la
consommation d’énergie et les gaz à effet de serre. Dans l’agglomération de
Québec en 2006, près de la moitié des gaz à effet de serre est émise par les
véhicules à moteur (Source : Ville de Québec, Service de l’environnement).
Des sondages récents démontrent que 94 % des citoyens de Québec sont
d’accord à ce que la Ville accroisse ses investissements en transport
collectif. Ce pourcentage ne cesse d’augmenter depuis 2002 (87 % à 94 %).
Par ailleurs, les deux tiers de la population priorisent le développement du
transport collectif plutôt que le réseau autoroutier. Notons que 51 % de la
population croit que les usagers du transport collectif le font par choix et
non par obligation (Source : Sondage Léger marketing biannuel).
Le choix des citoyens et la diversification
Il y a une tendance à diversifier les modes de déplacement. Un nombre
grandissant de personnes souhaitent se rendre à pied au travail ou à
d’autres activités. De 2001 à 2006, la part de la marche passe de 11,7 % à
13,9 % dans les déplacements à Québec. Par ailleurs, le vélo a surtout été
considéré comme un mode de loisir; il n’est pas étonnant que seulement 1 %
de la population utilise le vélo pour des déplacements utilitaires.
Le financement
Les politiques de financement des pouvoirs publics s’ouvrent à de nouvelles
préoccupations à l’égard de la mobilité durable. Les infrastructures
routières prévoient désormais des conditions particulières pour des voies
réservées au transport public et au vélo, les niveaux de financement sont
modulés en fonction des économies d’énergie et une part grandissante du
financement public est réservée aux mesures de soutien au transport
collectif.
L’automobile
Plusieurs villes, parmi les plus dynamiques du monde, ont adopté des plans
de développement par lesquels elles affichent ouvertement leur volonté de
diminuer nettement le nombre d’automobiles qui circulent au centre-ville.
Cette orientation s’accompagne de stratégies d’intervention en matière de
transport public, d’aménagement des quartiers, de stationnement et de
sécurité des piétons et des cyclistes. La Ville de Québec, la Communauté
métropolitaine de Québec et le Réseau de transport de la Capitale ont tous
opté pour le transport durable, que ce soit dans leur plan directeur
d’aménagement et de développement ou leurs orientations stratégiques,
adoptés récemment.
Les défis
Québec et la région métropolitaine demeurent confrontées à plusieurs défis
pour les années à venir, en matière de mobilité, notamment :
Diminuer les temps de déplacement
Si les tendances des dernières années devaient se poursuivre, l’allongement
des déplacements occasionnerait un accroissement du stress et des pertes de
temps et d’argent de même qu’une diminution de la qualité de vie, à la fois
pour les usagers et la collectivité. Ce genre de développement n’est pas
durable.
Réduire notre dépendance à l’automobile et au réseau autoroutier
La région s’est développée en fonction de l’accessibilité des autoroutes et
selon une logique d’ensembles monofonctionnels. Ce type d’urbanisme
privilégie les déplacements automobiles. La dépendance à l’automobile
s’avère particulièrement importante pour les jeunes familles avec enfants.
Ces ménages doivent souvent planifier leurs déplacements en conciliant les
horaires de travail avec ceux des écoles et des garderies. Par ailleurs, la
dépendance de la population à l’égard des autoroutes périphériques vient du
fait que le réseau de boulevards urbains intermunicipaux est peu développé
dans la région métropolitaine de Québec; il n’y a souvent pas de solution de
rechange acceptable à l’autoroute, même pour de très courts déplacements.
Diminuer la congestion

Intersection des autoroutes Laurentienne et
Félix-Leclerc.
Photo : Ville de Québec
La dépendance à l’automobile se traduit principalement par une augmentation
importante de la congestion autant sur le réseau autoroutier que sur le réseau
municipal de rues. Pour parcourir la distance entre le pont de l’Île-d’Orléans
et le pont Pierre-Laporte en automobile, il faudrait 13½ minutes à la vitesse
réglementaire; or, le matin et le soir, la durée du trajet dépasse 35 minutes
(en 2007).
Cette situation entraîne, entre autres, une augmentation des conflits entre la
circulation locale et la circulation de transit ainsi que des problèmes
d’accès aux grands équipements de transport métropolitain, notamment le
port, l’aéroport et la gare intermodale. Ces équipements, qui jouent un rôle
déterminant dans le développement économique de la ville et de la région,
doivent également concilier leurs activités avec la vie urbaine. Une telle
situation génère aussi des conflits entre les différents usagers de la route
et contribue à accroître les accidents. En somme, la congestion amène des
inconvénients et des coûts importants pour l’ensemble de la collectivité.
Répondre aux besoins des personnes à mobilité réduite
Québec, comme plusieurs villes dynamiques, cherche à assurer l’accessibilité
la plus universelle possible aux personnes à mobilité réduite dans les
transports publics, ce qui représente un grand défi. Les contraintes à la
mobilité sont associées à un handicap permanent ou temporaire ou au
vieillissement des personnes. La Ville doit chercher à procurer de l’autonomie à
ses citoyens, y compris ceux qui ont des limitations sur le plan de la mobilité.
Cette préoccupation commande des actions concertées en matière d’urbanisation,
de design urbain, d’équipements de transport, de stationnement, d’information
aux citoyens, de services de déneigement et de transport adapté. L’objectif est
d’assurer un continuum cohérent dans la chaîne de déplacements selon lequel les
obstacles à la mobilité réduite sont éliminés, dans la mesure du possible.
Éliminer les contraintes au transport actif

La promenade Samuel-De Champlain.
Photo : Ville de Québec
Les réseaux de pistes cyclables, autant à l’échelle métropolitaine qu’à celle
de l’agglomération de Québec, sont discontinus, insuffisamment développés et
surtout conçus pour les loisirs. De plus, le fleuve, les falaises, les grands
axes routiers, les chemins de fer et les grands parcs industriels constituent
des barrières importantes pour l’utilisation du vélo et pour la marche.
Accroître la sécurité
Les impératifs de sécurité requièrent des actions sur plusieurs plans,
notamment à l’égard de la fiabilité des infrastructures routières, de
l’aménagement et de l’entretien des espaces pour piétons (trottoirs, feux de
circulation, zones de traverse), des parcours sûrs pour les cyclistes, de la
protection des utilisateurs du transport public, des aménagements pour les
personnes à mobilité réduite, de la signalisation et de l’information aux
citoyens, de la réduction de la vitesse dans les quartiers résidentiels et de la
surveillance dans les espaces de récréation et de repos.
Diminuer les pressions sur l’environnement
La croissance du trafic routier et la congestion se traduisent par une
augmentation des impacts sur l’environnement. Ces impacts sont principalement
liés au bruit, à la pollution, à l’émission de gaz à effet de serre (GES), au
besoin d’espace requis par les infrastructures, les stationnements en
particulier, ainsi qu’à la consommation d’énergie non renouvelable. Ils ont des
effets importants sur la santé et la qualité de vie des citoyens.
Questions
- Quelles améliorations au service de transport en commun pourraient vous
inciter à l’utiliser davantage pour aller travailler ou étudier?
- Si la Ville adoptait des mesures pour réduire la circulation automobile
au centre-ville, seriez-vous prêt à accepter certains inconvénients?
- Qu’est-ce que la Ville pourrait faire, principalement en matière de
transport, pour que vous et votre famille renonciez à une deuxième ou à une
troisième voiture?
- Qu’est-ce que la Ville pourrait faire pour vous inciter à choisir la
marche comme mode de déplacement, notamment pour vous rendre à votre
établissement d’enseignement, votre lieu de travail ou un commerce de
proximité?
- Qu’est-ce la Ville pourrait faire pour vous donner le goût de vous rendre
à vélo à votre établissement d’enseignement ou à votre lieu de travail?
- Pour établir des priorités en matière de transport, il faut tenir compte
du développement durable et des budgets limités. Qu’est-ce la Ville de
Québec devrait faire en priorité?
- améliorer les services de transport en commun;
- améliorer les infrastructures pour les déplacements actifs (marche et
vélo);
- revitaliser certains quartiers afin de permettre à un plus grand
nombre de personnes de vivre à proximité des services, réduisant ainsi
leurs déplacements;
- réparer et améliorer le réseau routier existant;
- augmenter la capacité des autoroutes, notamment en les élargissant;
- autre (précisez).
Renseignements supplémentaires
Téléphone : 418 641-6176
consultations@ville.quebec.qc.ca