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Document de consultation en marge de l’élaboration d’un plan de mobilité durable - La possibilité de choisir son cadre de vie

Urbanisation

Pour aménager son territoire, la Ville de Québec doit évidemment tenir compte de sa topographie, de ses attraits naturels, du mode actuel d’occupation du territoire et de la structure de son économie. Elle doit réfléchir et agir à l’égard du développement résidentiel et de son organisation en pôles urbains.

Le passé


Beauport, un développement résidentiel privilégiant la maison unifamiliale.
Photo : Ville de Québec

Le développement résidentiel des 50 dernières années s’est fait en privilégiant nettement la maison unifamiliale installée sur un terrain d’assez grande dimension. Les terrains plats, qui offraient souvent un bon potentiel agricole, ont fait l’objet de lotissements. La densité était de l’ordre de 10 habitations à l’hectare et même inférieure.

Plus récemment, la Ville de Québec, comme plusieurs autres municipalités, a modifié son plan d’aménagement et ses règlements d’urbanisme afin que les promoteurs soient incités à offrir des types de résidences unifamiliales permettant une densité plus grande (de 15 à 25 habitations à l’hectare) et des immeubles en copropriété (jusqu’à 60 habitations à l’hectare). Elle a cherché également à développer le potentiel qu’offraient certains terrains vacants ou inadéquatement utilisés et à recycler de nombreux bâtiments existants, lui évitant, depuis 1985, d’étendre le périmètre urbain, notamment en envahissant la zone agricole.


Le boulevard Laurier dans le secteur de Sainte-Foy.
Photo : Ville de Québec

On assiste depuis une dizaine d’années à une accélération de l’implantation des édifices à bureaux dans le secteur ouest de la ville, principalement à la sortie des ponts. Ces développements accentuent les problèmes de congestion, notamment dans l’arrondissement de Sainte-Foy–Sillery. Ils ont certainement contribué à l’établissement d’un nombre grandissant de ménages dans certaines municipalités de la rive-sud et des MRC de La Jacques-Cartier et de Portneuf.

L’avenir


Enfants d'une garderie, rue des Jardins.
Photo : Ville de Québec

Selon les projections de l’Institut de la statistique du Québec, Québec devrait accueillir quelque 42 000 ménages de 2006 à 2021. La Ville estime qu’elle devrait offrir des terrains pour autoriser la construction de 17 000 résidences unifamiliales. Or, en poursuivant le mode de développement résidentiel des dernières années, le potentiel de lotissement dans l’actuel périmètre urbain n’est que de 7 000 résidences unifamiliales.

Sur l’ensemble du territoire de la Communauté métropolitaine de Québec, il y a une capacité de loger quelque 44 000 résidences unifamiliales, en aménagement de faible densité, dans les zones où le lotissement est déjà permis (incluant les 7 000 unifamiliales de la ville de Québec).

La demande prévue de terrains à des fins industrielles dans l’agglomération de Québec est, pour sa part, estimée entre 4,6 et 7,3 millions de mètres carrés d’ici 2021. (4,6 millions de mètres carrés : si l’on projette d’ici 2021 le taux de développement enregistré au cours des dernières années; 7,3 millions de mètres carrés, si l’on tient compte des intentions exprimées en 2007 par les entreprises de la région.) La disponibilité de nouveaux terrains pouvant être utilisés à ces fins dans le périmètre urbain est d’au plus 3,2 millions de mètres carrés.

Le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire incite de plus en plus les municipalités à densifier leur périmètre urbain. Pour répondre aux besoins des nouveaux ménages et des industries, la Ville de Québec devra d’abord utiliser pleinement le potentiel offert par l’espace urbain actuel. Elle pourrait difficilement étendre de façon importante son périmètre urbain. De plus, une telle conception de l’urbanisation s’inscrirait en porte-à-faux par rapport aux impératifs du développement durable.

Les défis

Les choix d’urbanisation et de transport sont intimement liés. Dans l’optique du développement durable, la Ville de Québec est confrontée à plusieurs défis, dont :

Éviter l’étalement urbain

Les conséquences de l’étalement sont maintenant bien documentées, tant sur le plan économique qu’environnemental. En éloignant le lieu d’habitation des milieux de travail et d’occupation, on accroît les dépenses en transport (deux voitures et plus par ménage, construction d’autoroutes…), on génère des coûts importants pour les services municipaux, on aggrave les problèmes de congestion et on intensifie les émissions de gaz à effet de serre. Cette forme de dispersion urbaine, déconnectée des axes de transport, ne constitue pas une forme de développement durable.

Chercher l’équilibre est-ouest

Dans un souci d’aménager une ville respectueuse de son environnement, il faudra s’interroger sur les effets du déséquilibre observé entre le rythme de développement des affaires à l’ouest et à l’est de la ville. Il y a une forte tendance à concentrer les nouveaux édifices à bureaux et les commerces dans l’axe du boulevard Laurier, en particulier près des ponts. Il faudra se demander s’il y a lieu d’infléchir cette tendance. Cette interrogation est en lien avec l’intention énoncée dans l’actuel Plan directeur d’aménagement et de développement de la Ville de consolider des pôles urbains répartis plus également sur le territoire.

Favoriser le développement le long des axes de transport collectif

Dans plusieurs villes du monde, on a assisté à d’importants développements résidentiels et commerciaux le long des grands axes de transport collectif. Le choix de ces axes et des moyens de transport exerce une influence déterminante sur le développement économique et sur son urbanisation.


Urban Avantage - Denver, Colorado.

Revitaliser certains quartiers

Les premières banlieues d’après-guerre de Québec, dont Saint-Sacrement, La Cité Universitaire, Saint-Charles-Borromée, Lairet et Maizerets, ont un parc immobilier construit entre 1946 et 1970. Plusieurs immeubles situés à proximité des services ont besoin d’être rénovés ou de faire l’objet d’une requalification. Cette revitalisation ne se fera pas sans vision d’urbanisation et sans un appui de la Ville et des gouvernements.

Prévoir les besoins des personnes âgées

En 2021, il y aura près de 60 000 résidants de l’agglomération de Québec qui seront âgés de 75 ans et plus (10,4 % de la population). Bon nombre de ces personnes habitent dans des maisons qu’elles considèrent beaucoup trop grandes pour leurs besoins, souvent dans des quartiers bien desservis par les services de proximité (écoles, commerces, services médicaux…). Il faudra se demander comment revaloriser ces habitations, comment permettre aux personnes âgées de continuer à vivre dans leur quartier et comment assurer une cohabitation harmonieuse avec de jeunes ménages.

Imaginer de nouveaux concepts d’habitation

Dans plusieurs villes à travers le monde, de nouveaux modes d’habitation et de nouvelles conceptions de quartiers (les écoquartiers, les lotissements Low Impact Development) émergent et attirent des ménages, contribuant à la consolidation urbaine. Ces nouveaux concepts d’urbanisation épousent les caractéristiques naturelles du milieu et respectent le cadre de vie des gens qui y habitent déjà : limitation du nombre d’étages, aménagement d’espaces publics, dessertes par les réseaux de transport collectif, haut niveau de sécurité pour les piétons et les cyclistes, et autres.

Concevoir un développement économique durable

Pour préserver le dynamisme économique de Québec et accroître sa prospérité, il faut offrir aux entreprises des conditions adéquates d’exercice de leurs affaires. Pour le secteur industriel, cela se traduit notamment par des disponibilités d’espaces dans les parcs d’affaires et technologiques de même que par une fluidité du transport des marchandises. Diverses expériences étrangères démontrent qu’il est possible d’accroître la densification dans les parcs industriels et d’harmoniser les besoins de transport des personnes et des marchandises dans une optique de développement durable.

Questions

Si vous vous apprêtez à choisir votre première résidence (achat ou location) ou si vous l’avez fait dans les cinq dernières années :

  • Croyez-vous qu’il est important de pouvoir vous rendre à votre établissement d’enseignement ou à votre lieu de travail autrement qu’en automobile? Pourquoi?
  • Quelles conditions essentielles doivent être réunies pour que vous décidiez d’habiter à Québec et éventuellement d’y établir votre famille?

Si vous êtes locataire ou propriétaire :

  • Pour accueillir de nouveaux ménages en évitant l’étalement urbain, accroître le nombre de personnes dans les quartiers déjà bâtis semble être la solution. Êtes-vous d’accord avec ce diagnostic? Pourquoi?
  • Quels sont les moyens acceptables que la Ville pourrait mettre en œuvre afin d’accueillir un plus grand nombre de ménages dans les quartiers bâtis?
  • Si vous aviez une maison unifamiliale trop grande pour vos besoins, pourriez-vous envisager d’en louer ou d’en vendre une partie pour en faire un deuxième logement tout en demeurant chez vous? Pourquoi?
  • Seriez-vous favorable à la construction d’habitations destinées aux personnes âgées afin de leur permettre de continuer à vivre dans leur quartier? Seriez-vous d’accord pour que ces immeubles soient localisés sur les artères commerciales, à proximité des services? Accepteriez-vous que la Ville investisse dans certains quartiers pour les adapter aux besoins des personnes âgées?

Renseignements supplémentaires

Téléphone : 418 641-6176
consultations@ville.quebec.qc.ca

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