
De plus en plus de personnes se déplacent
en vélo
De 2001 à 2006, la part des transports actifs (marche et vélo) a
augmenté sur le territoire de la Communauté métropolitaine de
Québec, passant de 11 % à 12,3 %. De plus en plus
de personnes privilégient la marche et le vélo comme mode de
déplacement pour se rendre au travail, à l’école ou à leurs
activités de loisirs en réponse à leurs préoccupations à l’égard de
leur santé et de la qualité de l’environnement.
Or, la plupart des
pistes cyclables de la région sont aménagées à des fins
récréatives plutôt qu’utilitaires et plusieurs rues ne sont pourvues
d’aucun trottoir.
Afin de faciliter les déplacements à pied et à vélo, le
Plan de mobilité durable recommande de :
- Mettre en œuvre rapidement le
Plan de développement du réseau cyclable dont
s’est dotée la Ville de Québec afin de tripler la part
modale du vélo en dix ans.
- Faire du transport actif une solution au défi de
la mobilité durable, en poursuivant les efforts de
développement urbain de manière à répondre à six grands
enjeux :
- la continuité, pour assurer aux
cyclistes et aux marcheurs des parcours continus, non
interrompus par des obstacles;
- la complémentarité, pour faciliter
le passage d’un mode de transport à un autre (marche,
vélo, transport en commun, auto et taxi);
- la sécurité, pour affirmer avec
force que le piéton et le cycliste sont des usagers à
part entière de la voie publique;
- la mixité, pour développer des
milieux de vie où se trouvent des commerces et des
services de proximité;
- l’innovation, afin d’aménager des
quartiers axés sur la préoccupation des piétons et des
cyclistes;
- la connectivité, pour permettre
d’aménager des parcours plus directs et plus nombreux au
sein des secteurs urbains.
- Repenser l’aménagement du boulevard
René-Lévesque afin d’en faire une zone prioritaire
de transport alternatif, notamment :
- en éliminant graduellement les stationnements pour
y améliorer le service de transport en commun;
- en y améliorant les infrastructures et les services
à l’intention des piétons et des cyclistes.
Consultez les capsules d'information sur les modes actifs de
déplacement :
Lien mécanique cyclo-pédestre

Tolède, Espagne

Ljubljana, Slovénie

Bruxelles, Belgique
La Ville poursuit le projet d’aménager un lien mécanique
accessible aux piétons, aux cyclistes et aux personnes à
mobilité réduite au niveau des bretelles de l’autoroute
Dufferin-Montmorency, entre la rue De Saint-Vallier Est et
l’avenue Honoré-Mercier.
Ce lien mécanique pourrait être réalisé dans le cadre du
projet d’un nouveau centre de diffusion culturelle en lien avec
la réhabilitation du tunnel désaffecté sous l’autoroute
Dufferin-Montmorency.
Trois types de solutions sont actuellement à l’étude,
l’ascenseur, le funiculaire et l’escalier mécanique.
L’escalier mécanique de la ville de Tolède en Espagne permet
de franchir un dénivelé de 36 m entre la basse-ville et le
centre ancien. Un stationnement a par ailleurs été aménagé à
l’extérieur des murailles médiévales de la ville pour inciter
les visiteurs à découvrir le centre historique à pied.
Le funiculaire de Ljubjana en Slovénie donne accès au château
de la ville. Il peut transporter 575 personnes/heure et permet
de franchir un dénivelé de 70 m en 2 minutes.
L’ascenseur des Marolles à Bruxelles est équipé de deux
cabines entièrement automatisées. Le service est ouvert au
public de 6 h à 23 h et il est gratuit.
Remonte cycliste
La Ville étudie la possibilité d’aménager un lien mécanique
dans la côte de Sillery qui permettrait aux cyclistes de
rejoindre l’avenue Maguire à partir de la promenade Samuel-De
Champlain. De telles solutions existent ailleurs.
L’exemple le plus connu est le remonte cycliste ou
Bicycle Lift Trampe de Trondheim en Norvège. Depuis sa mise
en service en 1993, ce système a déjà aidé plus de 220 000
cyclistes à grimper la côte qui relie le centre-ville historique
au quartier universitaire de la ville.
Une
version plus récente de ce système a été présentée au salon
« Velo-City 2009 » de Bruxelles. Ses améliorations visent la
sécurité des usagers et la protection du mécanisme interne du
remonte cycliste.
Des passerelles pour être actif

Calgary, Canada

Calgary, Canada
De plus en plus de personnes choisissent de vivre et de
travailler en ville. Conséquemment, il y aura de plus en plus de
personnes qui se déplaceront à pied ou à vélo.
Consciente de cette réalité, la Ville de Calgary construit
actuellement le
Peace Bridge, une nouvelle passerelle cyclo-pédestre
au-dessus de la Bow River. Cette structure unique conçue par
l’ingénieur et architecte de renommée internationale Santiago
Calatrava reliera le quartier de l’Eau Claire dans le
centre-ville et celui de Hillhurst-Sunnyside de l’autre côté de
la rivière.
Au centre-ville de Calgary, on compte 120 000 emplois et 30
000 habitants. Sa population et le nombre de personnes qui y
travaillent devraient continuer d'augmenter : 60 000 nouveaux
emplois sont attendus d'ici 2025 et la Ville prévoit l’arrivée
de 40 000 nouveaux résidants d’ici 2035. La construction du
Peace Bridge vise à encourager la population à marcher et à se
déplacer à vélo ou en patin à roues alignées pour se rendre ou
revenir du centre-ville.
L’ouvrage, dont le coût de construction est évalué à 18 M$,
aura une portée unique de 130 m et son tablier aura une largeur
de 6,2 m, soit le double de la largeur habituelle des
passerelles de ce secteur.
La Ville de Québec projette elle aussi de construire
plusieurs passerelles sur son territoire pour désenclaver des
quartiers difficilement accessibles à pied et à vélo.
Sécurité des piétons aux intersections

Phase piétonne à l’intersection
des rues Dundas et Young,
à Toronto.
© Sam Javanrouh

Phase piétonne à l’intersection
Shibuya, à Tokyo.
© Bodhidano

L’intersection du boulevard
Charest et de la rue Dorchester
à Québec.
La sécurité des piétons est une composante à part entière de
la vision en transport durable des grandes villes canadiennes.
En 2008, la Ville de Toronto a décidé de réaliser plusieurs
initiatives rapides, concrètes et complémentaires aux
recommandations générales de son Plan sur les changements
climatiques.
La mesure la plus spectaculaire est la création d’une phase
piétonne aux feux de circulation de l’intersection des rues
Dundas et Young, à l’angle de Dundas Square. Celle-ci permet aux
piétons de traverser dans toutes les directions en même temps,
pendant que les automobiles sont immobilisées.
Visionnez le fonctionnement de cette phase piétonne.
Le principal avantage de ce type de phase repose sur le fait
que les piétons traversent en toute sécurité sans qu’aucun
véhicule perturbe leur circulation. Cette mesure est combinée à
un marquage visible.
Ce type d’aménagement a été utilisé pour la première fois à
la fin des années 40 dans les villes canadiennes et américaines.
Depuis, il a été adopté dans de nombreuses autres villes, dont
le plus célèbre est sans doute l’intersection Shibuya à Tokyo.
L’intérêt de cet aménagement a été remis en cause par des
ingénieurs en circulation dans certains pays, car il priorise
les piétons plutôt que l’automobile. Toutefois, une meilleure
compréhension de ses bénéfices pour la mobilité et la sécurité
des piétons a conduit de nombreux pays à l’adopter à nouveau ces
dernières années.
Les phases piétonnes sont utiles aux intersections où l'on
dénombre beaucoup de piétons et d'automobiles.
À Québec, plusieurs intersections sont déjà équipées de feux
de circulation comprenant des phases exclusives pour les
piétons. À l’intersection du boulevard Charest et de la rue
Dorchester, le décompte numérique du temps assure aux piétons de
traverser dans toutes les directions en toute sécurité, même si
le passage en diagonale n’est pas explicitement marqué à cette
intersection.
Le Bike Boulevard, un modèle qui plait

« Bike Boulevard »
Adopté récemment par plusieurs villes de la côte ouest
nord-américaine, le « Bike Boulevard » ou corridor-vélo est un
concept de voie aménagée en priorité pour les cyclistes.
Ce concept, qui existe depuis longtemps en Europe, offre aux
cyclistes un cheminement continu en dehors des principales
artères. Celles-ci, bien que directes, sont souvent désagréables
à vélo à cause de la pollution de l’air, du bruit et surtout du
stress occasionné par la circulation des autos, des camions ou
des autobus.
Le « Bike Boulevard » est aménagé le plus souvent dans des
rues résidentielles où le débit de circulation automobile est
faible. Sa mise en œuvre repose sur six principes simples :
- maintien d’un faible débit automobile
- réduction ou maintien d’une faible vitesse automobile
- création d’un parcours logique, direct et continu
- accès aux destinations recherchées
- création d’intersections sécuritaires
- réduction du temps de parcours cycliste
Ces aménagements incluent des mesures de modération de la
circulation automobile, des panneaux et des signaux lumineux qui
donnent la priorité au cycliste aux intersections ainsi qu’une
signalisation d’itinéraire détaillée sur tout son parcours.
Avec les villes de Portland, de Palo Alto, de Vancouver et
bien d’autres, la ville de Berkeley offre un
exemple complet des solutions mises en œuvre pour créer un «
Bike Boulevard ».
Dans le Plan de mobilité durable, la Ville de Québec propose
un scénario d’aménagement d’un « Bike Boulevard » dans l’axe des
rues Père-Marquette et de Callières pour relier le campus de
l’Université Laval au Vieux-Québec.
Sécurité
Aîné et actif en ville

Photo : Didier Bertrand et
Vélo Québec
En janvier 2008, le maire Bloomberg de la Ville de New York a
inauguré
Safe Streets for Seniors (sécurité dans les rues pour les
aînés), un programme d’amélioration de la sécurité des piétons.
À New York, 4 piétons sur 10 victimes d’accidents mortels
avaient plus de 65 ans alors que cette tranche d’âge ne
représentait que 12 % de la population de la ville en 2006.
Sachant que la part des aînés augmentera de façon notable
dans les 25 prochaines années, la Ville de New York a demandé à
ses ingénieurs du Département du transport d’analyser les bilans
d’accidents sur l’ensemble de son territoire. Ceux-ci ont
déterminé que, en fonction de plusieurs critères de sécurité, 25
quartiers présentaient une forte densité d’aînés et un nombre
élevé d’accidents impliquant des piétons.
- allongement du temps de traverse à une intersection avec
des feux lumineux;
- rétrécissement de la chaussée aux intersections;
- ajout de refuges piétons;
- aménagement d’avancées de trottoirs;
- amélioration des marquages piétons.
Visionnez la vidéo

À Québec, les personnes de plus de 65 ans représentaient 14,1
% de la population de la communauté métropolitaine en 2006.
Elles devraient compter pour 27,8 % de la population en 2031.
Le groupe de travail sur la mobilité durable recommande que
toute politique opérationnelle – déneigement, enlèvement des
ordures et travaux publics – tienne compte de la diversité de
conditions des personnes, notamment les personnes âgées, de
manière à faciliter leurs déplacements et à en assurer la
sécurité et le confort.

Témoignages
J’ai choisi… la mobilité durable!

Vivre sans auto
Je demeure au centre-ville depuis 15 ans, à 12 minutes de mon lieu de travail. Le trafic, connais pas. Je n’ai jamais possédé d’auto. Je sauve en argent, en temps et en frustrations. Je planifie mieux mes déplacements, tout simplement! Pour moi, déneiger mon moyen de transport le matin se résume à… secouer mes bottes. Chauffer mon moteur revient à… avaler ma dernière gorgée d’espresso. Mon seul problème de stationnement, c’est quand il n’y a plus de place dans le plateau à chaussures!
Je voyage à pied, à vélo, en autobus, en taxi ou en train. On dit même que j’aurais été aperçu l’hiver à emprunter des raccourcis en raquettes sur la rivière Saint-Charles, entre Saint-Sauveur et Duberger…
Louis-H. Campagna
Quel bonheur!
Que diriez-vous d’avoir, en toile de fond pendant votre
trajet au bureau, un lever de soleil sur l’île d’Orléans,
l’envol des oies blanches sur les berges du fleuve
Saint-Laurent, la vue d’un huard, d’un malard, d’une bécassine
ou d’un grand héron, le chant des autres oiseaux… Contempler la
beauté des pommiers en fleurs et surtout apprécier le sourire
des gens que vous rencontrez. Plus de trafic, plus de
construction! Je suis une « accro » du vélo : 32 km de bonheur!
Annie Borgia