Achevé en 1930, l’édifice Price est le premier gratte-ciel digne de
ce nom à Québec. Avec comme seules rivales la tour centrale du Château
Frontenac et celle de l’Hôtel du Parlement, l’immeuble a dominé le
paysage de la haute ville pendant près de 40 ans.
Sur le modèle des gratte-ciel new-yorkais

Édifice Price.
Archives de la Ville de Québec.
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En 1927, les frères John Herbert et Arthur Clifford Price décident d’ériger
sur le promontoire de Québec le siège social de leur compagnie
d’exploitation forestière et de transformation du bois. Ils retiennent les
services des architectes montréalais Ross et MacDonald, connus pour avoir
réalisé plusieurs immeubles de prestige, notamment le Dominion Square
Building à Montréal et l’hôtel Royal York à Toronto. La pierre
angulaire est posée le 29 octobre 1929. Au moment de son inauguration,
Québec et la compagnie ressentent durement les effets de la Crise
économique.
Implanté sur un terrain étroit de quelque 24 m, l’édifice s’élance à une
hauteur de 82 m. Sur le modèle des gratte-ciel new-yorkais, il adopte la
forme d’une ziggourat, temple pyramidal à degrés. Ce retrait progressif des
volumes allège la silhouette du bâtiment, dont le profil demeure imposant.
Le symbole d’une grande compagnie forestière
Le revêtement en pierre calcaire de Saint-Marc-des-Carrières et de Queenston
cache une ossature d’acier recouverte de dalles de béton armé. Une telle
structure, nouvelle à Québec, permet de dégager l’espace intérieur du
bâtiment dont les étages sont libres de supports.
Sur le plan formel, les architectes optent pour une ornementation de style Art
déco, afin de symboliser le modernisme de l’entreprise. La façade est
agrémentée de pilastres, de pinacles en feuilles de palmier et de médaillons
sculptés de têtes d’Amérindiens et de motifs floraux. Les longs piliers
ininterrompus et le retrait des fenêtres accentuent la verticalité de
l’édifice. Le haut toit en cuivre rappelle discrètement celui de la tour
centrale du Château Frontenac, avec lequel il partage le ciel de Québec.
Le hall d’entrée sert de vitrine à l’entreprise fondée en 1816 par William
Price. Un portail monumental, doté de grandes portes de bronze, donne accès
au rez-de-chaussée. À l’intérieur, le plafond à caissons, rehaussé de
feuilles d’or, est éclairé par des lustres de verre dépoli. Les murs en
travertin poli sont décorés de bas-reliefs représentant les diverses étapes
de la transformation du bois en papier. Les ornements Art déco sont enrichis
de motifs inspirés de la forêt, notamment des cônes de pin. Au 14e
étage, la suite présidentielle est lambrissée de bois de chêne et d’acajou.
Réalisé au coût d’un million $, l’édifice est doté des plus récentes
innovations techniques de son époque : enveloppe non autoportante détachée
de la charpente d’acier, climatisation, réseau de conduites d’eau réfrigérée
alimentant tous les étages et contrôle automatique du chauffage et de
l’humidité.
Un fleuron de l’architecture québécoise
La Ville de Québec achète le bâtiment en 1983. Par la suite, la Société
immobilière Trans-Québec, une filiale de la Caisse de dépôt et placement,
s’en porte acquéreur. D’importantes restaurations, rénovations et
transformations sont entreprises jusqu’en 2005. L’appartement de fonction du
premier ministre du Québec est aménagé dans la partie supérieure du
bâtiment. Un 17e étage habitable est ainsi ajouté aux 16 niveaux
d’origine, sans modifier l’apparence extérieure de l’édifice. En 2001, la
restauration est confiée aux architectes Régis Côté et associés, qui
remportent de nombreux prix pour la qualité de leur intervention sur un
édifice historique, notamment le TOBY pour l’édifice de l’année au concours
BOMA-Canada 2002.
Par son architecture unique, l’édifice Price s’impose dans le patrimoine bâti
de Québec. En 2008, la Commission de la capitale nationale procède à sa mise
en lumière, à l’occasion du 400e anniversaire de fondation de la
ville de Québec. L’utilisation d’une technologie aux diodes
électroluminescentes, respectant les principes du développement durable,
constitue une première canadienne. D’abord symbole d’une compagnie
forestière, l’édifice Price demeure un fleuron architectural de Québec.
Sources
SITQ. Fiche technique. Édifice
Price : historique (PDF). Consulté le 11 mars 2009 sur le site de la SITQ –
Caisse de dépôt et placement du Québec.
Édifice Price. Consulté le 11 mars 2009 sur le site du ministère de la
Culture, des communications et de la condition féminine du Québec.
La mise en lumière de l’édifice Price. Consulté le 11 mars 2009 sur le site
de la Commission de la capitale nationale du Québec.