Sous le Régime français, la population de Québec est
desservie par les marchés de la place Royale et de la haute ville
devant la cathédrale Notre-Dame. Les premières halles couvertes sont
construites au début du 19e siècle. Majoritairement
destinées au commerce local de denrées, certaines halles sont
aménagées à proximité des quais, puis des gares ferroviaires, pour
transiger des matériaux lourds et du bétail.
Les marchés de la basse ville

La halle du marché Champlain.
Archives de la Ville de Québec.
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Dès 1805, les halles de la place Royale abritent huit étals de bouchers. Le
marché « d’en bas » ou Finlay ouvre en 1817. Incendié en 1836, l’édifice
situé le long des quais est aussitôt reconstruit. En 1841, des halles à
poissons sont aménagées sur le quai Saint-André. La construction d’un
nouveau bâtiment au marché Finlay entraîne leur fermeture en 1851.
L’implantation du terminus du chemin de fer du Grand Tronc favorise
l’ouverture du marché Champlain en 1858. Bâties selon les plans de
l’architecte J. P. M. Lecourt, ces halles sont les plus vastes jamais
construites à Québec. Délaissé par les commerçants, le marché de la place
Royale ferme en 1889. Le marché Finlay poursuit ses activités jusqu’en 1906.
Incendiées en 1899, puis en 1910, les halles Champlain sont à leur tour
démolies.
Les marchés de la haute ville
Les résidents de la haute ville disposent aussi d’un marché. Des halles sont
bâties successivement en 1807, 1818 et 1844 devant la cathédrale Notre-Dame.
En 1874, l’enlèvement des glacis à l’extérieur des murs de fortification
favorise l’aménagement du marché public sur un nouveau site. Le marché
Montcalm ouvre en 1878. Les halles abritent 26 étals pour la viande et 20
pour les légumes, les fruits et diverses denrées. Une salle publique est
aménagée à l’étage. Relevé de ses cendres à la suite de l’incendie de 1881,
l’édifice ferme ses portes en 1929 pour permettre la construction du Palais
Montcalm, qui s’élève en partie sur ses anciennes fondations.
Les marchés des faubourgs

Maraîchers au marché Saint-Roch.
Archives de la Ville de Québec.
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De nouvelles halles sont construites au fur et à mesure du développement des
faubourgs. Le marché Saint-Paul, qui sera actif pendant 50 ans, est aménagé
en 1833 à l’embouchure de la rivière Saint-Charles, pour transiger des
matériaux comme le bois, la pierre, la chaux et le charbon, ainsi que le
bétail, le foin et la paille. Il cède sa place au marché à bestiaux du
Palais, qui ferme en 1922, après le transfert des animaux au parc de
l’Exposition provinciale.
Situé sur la rue Saint-Patrice, le marché Berthelot dessert les résidents des
faubourgs Saint-Jean et Saint-Louis. Construit en bois en 1835, il est
remplacé par un édifice en pierre et brique en 1866. Les halles sont
haussées d’un étage en 1915. Après sa fermeture, le bâtiment devient le
quartier général de l’Association des zouaves du Québec, dont les membres
veillaient à défendre les valeurs religieuses. Il sera détruit lors d’un
incendie en 1965.
Dans le faubourg Saint-Roch, on aménage le marché Jacques-Cartier en 1857, à
l’emplacement de la bibliothèque Gabrielle-Roy, qui abrite actuellement les
Archives de la Ville de Québec. Un second bâtiment s’ajoute aux halles en
1866, regroupant 36 étals de bouchers, 12 de poissonniers, 12 de regrattiers
et une glacière. À l’étage de l’édifice principal, la salle Jacques-Cartier
accueille de nombreuses troupes d’amateurs et des artistes venus de
l’étranger, jusqu’à sa destruction par le feu en 1911.
Les métamorphoses d’un marché
Finalement, le marché Saint-Pierre dessert la municipalité du village de
Saint-Sauveur à partir de 1888. Il cesse ses activités en 1915, sans doute
en raison de la concurrence du marché Saint-Roch, ouvert depuis 1910. Aucun
bâtiment n’est construit sur ce vaste terrain de 8 500 m2, situé
près du pont Drouin, au bord de la rivière Saint-Charles. Les échanges
s’effectuent sous des abris rudimentaires en bois. En 1925, l’administration
municipale fait construire des allées et des trottoirs de béton. Lors des
travaux de l’autoroute Laurentienne, le marché est déplacé en 1977 dans la
gare du Palais, désaffectée à cette époque. Par la suite, il s’installe
pendant trois ans au parc Victoria, jusqu’à l’ouverture du marché du
Vieux-Port, en 1987.
Sources
Lebel, Jean-Marie. Québec 1608-2008. Les chroniques de la capitale.
Québec, PUL, 2008.
Banque de renseignements des archives de la Ville
de Québec.
Noppen, Luc, Claude Paulette et Michel Tremblay. Québec. Trois siècles
d’architecture. Québec, Libre Expression, 1979.