Les tramways ont jadis sillonné les rues de la capitale, transportant
citadins et touristes jusqu’à la chute Montmorency.
Les tramways hippomobiles

Tramway hippomobile sur la rue Saint-Jean.
Archives de la Ville de Québec.
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Un groupe d’hommes d’affaires fonde la Quebec Street Railway en 1863. Tiré par
deux chevaux, le premier véhicule circule sur des rails de bois. En passant
par les rues Saint-Pierre, Saint-Paul et Saint-Joseph, il relie les marchés
Champlain et Jacques-Cartier à la barrière Saint-Ours (aux environs du
boulevard Langelier).
En 1878, les voitures de la St. John Street Railway desservent la haute ville.
En partant du bureau de poste, elles empruntent la rue De Buade, la côte de
la Fabrique et la rue Saint-Jean jusqu’à la barrière de Sainte-Foy, située
aux environs de l’avenue Cartier. Quelques années plus tard, deux services
de diligences transportent la clientèle jusqu’aux cimetières de Sillery et
au couvent de Jésus-Marie, ou jusqu’au couvent de Bellevue, au cimetière
Belmont et à l’église Notre-Dame-de-Foy.
Les tramways électriques
Les tramways passent à l’énergie électrique en 1897. Les voitures de la Quebec
District Railway font leur apparition dans les rues de Québec le 20 juillet.
Les rails de fer s’étendent du marché Champlain à la rue de l’Aqueduc et du
Château Frontenac à l’avenue des Érables, en passant par la rue Saint-Jean
et la Grande Allée. Ils assurent également la liaison entre la haute et la
basse ville, empruntant les côtes d’Abraham et du Palais.
En 1899, la Quebec Railway Light & Power fusionne la Quebec District Railway
Company, la compagnie ferroviaire Québec, Montmorency et Charlevoix et la
Montmorency Electric Power Company. Ses voitures, fabriquées à New York,
mesurent environ 7,5 m. Prévues pour accueillir de 25 à 27 passagers, elles
transportent parfois jusqu’à 50 personnes.
Avec ces tramways « tout confort », Québec passe à l’ère moderne. Les
véhicules sont équipés de chaufferettes fonctionnant à l’électricité. Cela
représente un net progrès par rapport aux voitures à chevaux, où l’on se
contentait d’isoler le plancher au moyen d’une couche de paille comme seule
protection contre le froid.
Une ville transformée
Le tramway change le visage de la ville. La porte Saint-Jean, reconstruite en
1867, doit de nouveau être agrandie pour le passage des tramways. En 1897,
on construit un viaduc pour permettre aux tramways électriques de monter de
la rue Saint-Paul jusqu’au haut de la côte du Palais, près de l’Hôtel-Dieu.
Réaménagé pour la circulation automobile, il sera remplacé par la côte Dinan
en 1948.
L’accès au transport en commun favorise également le développement de la
périphérie. Ville-Montcalm se densifie et confirme sa vocation
résidentielle. Les gens habitent désormais des logements salubres à quelque
distance de leur lieu de travail et se déplacent en tramway.
Des voitures qui mènent loin

Tramway sur la rue Saint-Joseph.
Archives de la Ville de Québec.
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Le réseau ferroviaire est agrandi au début du 20e siècle. En 1910,
Rodolphe Forget, président de la Quebec Railway, Light & Power, accepte de
prolonger le tramway jusqu’à Sillery. De la « Jonction de Sillery », les
voitures empruntent le boulevard Saint-Cyrille (aujourd’hui René-Lévesque)
jusqu’à l’avenue Forget, puis la rue Sheppard et l’avenue Maguire, pour
rejoindre le terminus sur le chemin Saint-Louis.
À partir de 1912, une ligne de tramway dessert la côte de Beauport, depuis la
station de la Côte-des-Pères à Giffard jusqu’à l’hôtel Kent House, sur les
hauteurs de la chute Montmorency, à Courville. À l’embranchement, se
croisent les « petits chars » de cette voie ferrée et les « gros chars » du
chemin de fer reliant Québec à Saint-Joachim. Le boulevard des Chutes est
construit sur l’emprise de l’ancienne ligne de tramway.
L’avènement de l’autobus
À partir de 1937, les autobus de la Quebec Power Company remplacent
graduellement les vieux tramways, considérés comme une nuisance publique. Le
sigle de la Quebec Railway Light and Power Co est traduit par « Quelle Route
Lente et Peu Commode »!
La ligne desservant Saint-Sauveur est fermée la dernière, le 26 mai 1948. Le
lendemain, 140 autobus sont en service à Québec.
Sources
Tremblay, Mathieu. « Le petit
train de Sainte-Anne. Une révolution pour la Côte-de-Beaupré ». Mis en ligne
le 15 novembre 2006 et consulté le 2 avril 2009 sur le site du journal
L’Autre Voix de Médias Transcontinental.
Répertoire toponymique de la ville de Québec. Consulté le 2 avril 2009 sur le
site de la Ville de Québec.
Lebel, Jean-Marie. Québec 1608-2008. Les chroniques de la capitale.
Québec, PUL, 2008.
Banque de renseignements des archives de la Ville de Québec.