Québec jouit d’une remarquable réputation en matière
d’aménagement paysager et d’embellissement floral. Elle est
néanmoins aux prises avec plusieurs plantes nuisibles, dont le
contrôle fait appel à la collaboration de tous les citoyens.
Herbe à poux
Causant des allergies à une personne sur six, l’Ambrosia
ou herbe à poux est devenue l'une des plantes les plus
problématiques en milieu urbain. Bien qu’elle soit considérée
comme peu envahissante, elle prolifère sur les milieux perturbés
comme les bords de routes.
Les symptômes des allergies sont la congestion nasale, les
éternuements et les larmoiements, qui correspondent à ce qu’on
appelle communément le rhume des foins (rhinite). De plus,
l'herbe à poux occasionne des désagréments à près de 90 000
personnes dans l'agglomération de Québec.
Comment reconnaître l’herbe à poux?
Les feuilles opposées sont profondément découpées et
pubescentes. Distribuées en longs épis au sommet de la plante,
les fleurs apparaissent à partir de la mi-juillet. C’est le
pollen des fleurs qui cause les allergies.
Il est possible de confondre l’herbe à poux avec l’herbe à la
puce et l’armoise vulgaire. L’herbe à la puce possède des
feuilles trilobées entières et lustrées. À son toucher, elle
provoque des réactions cutanées très désagréables. L’armoise
ressemble plus à l’herbe à poux. Par contre, le dessous des
feuilles est blanc et l’armoise fleurit à la mi-juin. Pour mieux
distinguer l'herbe à poux de l'herbe à la puce, consultez le
document
L'herbe à poux et l'herbe à la puce... ce n'est pas pareil...
(PDF
: 1 Mo).
Éliminons l’herbe à poux!
Le pollen de l’herbe à poux provoque chez les personnes
allergiques le rhume des foins et, parfois, la sinusite
chronique ou l’asthme.
La meilleure façon d’éliminer un plan d’herbe à poux est de
l’arracher, idéalement avant la floraison (mi-juillet).
En un tour de main, l’herbe à poux s’arrache facilement.
Si vous êtes envahi, vous pouvez la tondre à plusieurs
reprises entre la mi-juillet et la fin août. Cependant, plus
vous la coupez, plus les fleurs seront basses. L’herbe à poux
s’adaptant, il vaut mieux l’enlever du milieu afin de s’assurer
d’une éradication durable.
La Ville de Québec se donne également le devoir d’éliminer
les plants d’herbe à poux sur ses terrains. Pour cela, elle a
mis sur pied un important programme d’éradication le long des
principales voies de circulation du territoire. Si vous
constatez la présence d’Ambrosia sur un terrain
municipal, signalez-le immédiatement à votre
bureau d’arrondissement.
Pour éliminer l’herbe à poux, la Ville utilise plusieurs
stratégies d’intervention, dont l’arrachage manuel,
l’utilisation d’herbicide à faible impact ou même de l’eau
chaude.
Une autre alternative envisagée est d’implanter un couvert
végétal compétitif constitué d’espèces à gazon ou de fleurs
sauvages. Vous pouvez vous inspirer de cette idée pour concevoir
de jolis aménagements paysagers faisant compétition à l’herbe à
poux.
Vous désirez en savoir plus? Visitez le site sur l’herbe
à poux
du ministère de la Santé et des Services sociaux.
Herbe à la puce
L’herbe à la puce est une plante ligneuse vivace formant des
peuplements denses à l'orée des bois, dans les terrains incultes
et en bordure des routes ou des cours d'eau. Elle se répand à
l'aide de graines et de tiges souterraines (rhizomes).
Comment reconnaître l’herbe à la puce?
Durant les mois de juin et de juillet, l'herbe à la puce produit
des grappes de petites fleurs blanchâtres à verdâtres qui sont
souvent dissimulées par le feuillage. En septembre, des fruits
globuleux et cireux, de la taille d'un pois sec, font leur
apparition. Leur coloration passe du vert au blanc jaune. Les
grappes de fruits peuvent persister sur les plants dénudés pendant
tout l'hiver.
La sève de l'herbe à la puce renferme de l'urushiol, un
allergène qui cause une douloureuse inflammation de la peau
(dermite de contact allergique) chez environ 85 % de la
population. L'urushiol est présent dans toutes les parties de la
plante, à l'exception du pollen. Cette substance est libérée
lorsque la plante est endommagée. L'urushiol étant huileux et
non volatile, il peut adhérer facilement aux outils, aux
vêtements et au pelage des animaux. Il peut conserver sa
toxicité pendant une très longue période.
Traitement
- Laver le plus rapidement possible toutes les régions
exposées – sans oublier le dessous des ongles – à l'eau
froide.
- Laver les vêtements et les objets contaminés plusieurs
fois à l'eau chaude savonneuse. Porter des gants en vinyle
résistant lors des manipulations. Les animaux de compagnie
doivent aussi être lavés à l'eau et au savon.
- Pour calmer la démangeaison, appliquer des compresses
d'eau fraîche ou des compresses imbibées d'une solution de
bicarbonate de soude. Certains médicaments en vente libre
peuvent procurer un soulagement (consultez le pharmacien).
- Si les symptômes sont sévères ou étendus, ou encore
s'ils sont accompagnés de fièvre, consulter un médecin.
Éradication
La Ville intervient pour éradiquer l’herbe à la puce
seulement lorsqu’il y a un risque de contact avec les citoyens.
Dans des milieux très fréquentés, on traitera la plante avec un
herbicide. Dans les parcs naturels et en bordure des sentiers,
on affiche généralement des avertissements pour en signaler la
présence.
Pour en savoir plus, consultez la fiche
Herbe à la puce (PDF
: 280 Ko) du
ministère du Développement Durable, de l’Environnement et des
Parcs.
Pissenlits
Le pissenlit, de son vrai nom Taraxacum officinalis,
est une mauvaise herbe vivace indigène d’Asie. Sa racine forte
et pivotante lui permet de creuser le sol pour puiser l’eau et
les nutriments dont il a besoin. La plante atteint une hauteur
maximale de 25 à 30 cm. On la voit généralement fleurir à la fin
du mois de mai et à la fin du mois d’août.
Si les explosions de jaune sur votre gazon vous exaspèrent,
voici quoi faire.
Élimination de la plante :
Pour éliminer écologiquement un pissenlit, l’arrachage
demeure la plus efficace des options. Plusieurs
arrache-pissenlits sont maintenant disponibles sur le marché, de
la fourchette au brûleur.
Réduction de la prolifération
Pour les terrains très envahis, on peut réduire la
prolifération des pissenlits en tondant leurs têtes
avant la production des fruits (avant qu’ils ne soient
jaunes). Si on attend la formation des fruits (lorsque la tête
du pissenlit devient blanche), les akènes (les fruits) se
disperseront et produiront d’autres pissenlits.
Augmenter la hauteur de votre tonte à 3 po (8 cm).
L’herbe légèrement plus haute ombrage mieux la semence au sol et
prévient le développement des mauvaises herbes.
Réensemencer les endroits dénudés permet de
réduire l’exposition des graines de pissenlits à la lumière et
d'augmenter la compétition pour les ressources (espace, eau et
nutriments).
Un autre moyen de réduire la prolifération est la
fertilisation avec le gluten de maïs. Le gluten de maïs
est un fertilisant naturel ayant des propriétés antigerminatives
sur la semence. Il existe maintenant plusieurs formulations du
gluten de maïs (granulaire, liquide), mais pour n’importe
laquelle, il est préférable de fractionner les applications en
deux ou trois de plus petites doses, en mai, en juin et à la fin
août par exemple.
Attention : les propriétés antigerminatives s'appliquent à
toutes les semences. N’appliquez pas de gluten sur une pelouse
nouvellement établie, vous risquez d’avoir une mauvaise
surprise.
La berce du Caucase : attention, toxique!
La berce du Caucase contient, dans toutes ses parties, des
substances chimiques activées par la lumière. Tout contact avec
la sève peut causer des réactions de la peau douloureuses qui
s’apparentent à des brûlures. Après la guérison, des taches
brunes et une sensibilité au soleil peuvent persister pendant
plusieurs mois sur les régions atteintes.
Comment reconnaître la berce du Caucase?
- Feuilles profondément découpées, divisées en larges
folioles irrégulières, qui peuvent mesurer de 50 à 150 cm de
diamètre;
- Petites fleurs blanches regroupées en ombelles
constituées de 50 à 150 rayons et pouvant atteindre de 20 à
50 cm de diamètre;
- Hauteur de 1,5 m jusqu’à 4 m à l’état adulte.
Quoi faire?
Il est important de limiter la propagation de la berce du
Caucase, de ne jamais la semer, la planter, la multiplier ou la
transporter. Dans la mesure du possible, il faut éliminer la
plante et détruire sa repousse.
Avant d’effectuer tout arrachage, plusieurs mesures de
sécurité sont requises pour éviter l'exposition à la sève
toxique, notamment en protégeant toutes les parties du corps, y
compris le visage et les yeux. Une fois l’arrachage effectué,
les vêtements et les gants doivent être lavés en les retournant
à l'envers, ainsi que les outils. D’autres précautions sont à
observer pour se débarrasser des plants coupés.
Traitement
En cas de contact avec la sève:
- Éliminer la sève le plus rapidement possible en évitant
de l’étendre. Utiliser un papier absorbant sans frotter;
- Laver au savon l’endroit en contact avec la sève après
l’avoir absorbé, rincer abondamment à l’eau claire et laver
les mains;
- Changer de vêtements et laver ces derniers pour éviter
la contamination d’autres parties du corps ou d’objets;
- Éviter l’exposition des zones touchées à la lumière (y
compris lumière non naturelle) en les couvrant (gants,
pantalons longs, manches longues) pour une durée minimale de
48 heures.
Pour obtenir plus de renseignements sur la berce du Caucase,
vous pouvez communiquer avec le ministère du
Développement durable, de l’Environnement et des Parcs.
La renouée du Japon : véritable peste végétale!
La renouée est bien séduisante, mais elle figure au palmarès
des 100 pires espèces envahissantes de la planète selon l'Union
mondiale pour la nature (UICN).
Comment reconnaître la renouée du Japon?
La renouée du Japon est une vivace à croissance rapide qui
atteint 2 à 3 m de hauteur pendant l'été. Ses tiges creuses et
noueuses sont semblables à celles du bambou, d'où l'appellation
de bambou japonais qu'on lui attribue parfois. À la fin de la
saison, elle produit des panicules de fleurs blanc crème.
La renouée du Japon se répand rapidement à l’aide de rhizomes
(tiges souterraines) qui peuvent s'enfoncer à plus de 2 m de
profondeur et s'étendre latéralement sur 7 m! Ces tiges
souterraines libèrent des toxines qui empêchent l'établissement
d'autres végétaux.
La plante se reproduit facilement de façon végétative. Un
minuscule fragment de tige ou de rhizome peut donner naissance à
un nouveau plant. En outre, les fragments de rhizome peuvent
demeurer en dormance dans le sol pendant 10 ans.

Réduction de la prolifération
La renouée est nuisible notamment parce qu’elle appauvrit la
biodiversité végétale et animale, limite l’accès aux cours
d’eau, accroît les risques d’inondation et cause des dommages
aux infrastructures. Il ne faut
surtout pas la cultiver.
Son éradication est extrêmement difficile. N'essayez pas de
l'arracher. Il est préférable de couper les tiges de la plante
au ras du sol, et ce, à plusieurs reprises pendant la saison de
façon à épuiser ses réserves. Vous devrez procéder ainsi pendant
plusieurs années. Les résidus de taille ne doivent ni être
compostés ni jetés dans la nature, mais brûlés ou placés dans
des sacs à ordures.