Au fil du temps, la pointe aux Lièvres a pris différents visages. Son
rôle dans l’histoire de Québec s’avère non négligeable.
D’abord pâturage entre les méandres de la rivière Saint-Charles
au début de la colonie, cette presqu’île liée à la basse-ville par une
étroite bande de terre est devenue ligne défensive vers le milieu
du 18e siècle. Elle était alors munie de deux redoutes. L’une était
située près de l’emplacement actuel du complexe résidentiel du
Village de l’Anse et l’autre, plus près de celui du pont Lavigueur.
L’hôpital de la Marine a été érigé en 1832-1833 au sud de la
pointe. Il a reçu pendant plusieurs décennies des malades de
toute la province, principalement des immigrés et des marins. Les
Soeurs du Bon-Pasteur ont plus tard transformé les lieux en asile
pour jeunes filles, puis en orphelinat en 1890. Redevenu hôpital en
1945, l’édifice a été démoli en 1962.

Source : Archives de la Ville de Québec
Jusqu’au milieu du 20e siècle, le secteur de la Pointe-aux-Lièvres
a accueilli des chantiers navals et des entrepôts qui ont confirmé
sa vocation portuaire et industrielle.
Au début des années 1960, changement dans le paysage :
un remblayage intensif a modifié le parcours de la rivière Saint-
Charles. L’autoroute Laurentienne, qui longe la limite sud du
secteur, a été construite sur ce terrain remblayé rattachant la
pointe au parc Victoria.
C’est également dans le secteur qu’avait été installé le premier
incinérateur municipal, lequel a contaminé les sols. Après sa
démolition en 1976, la Ville de Québec a acquis les propriétés
avoisinantes afin de les mettre en valeur. De 1997 à 2008, elle a
nettoyé et naturalisé les berges de la rivière, puis y a aménagé des
sentiers et des pistes cyclables.
L’analyse de plusieurs scénarios de lotissement a amené la Ville à
réserver la partie nord du secteur à un parc municipal. Elle destine
les terrains situés au sud au futur écoquartier.