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Propriété

Présence et impact d’une infestation

L'Agrile du frêne
Source : Ressources naturelles du Canada

Bref historique

L’agrile du frêne est un petit coléoptère originaire d’Asie qui peut ravager des populations entières de frênes sur le continent, car il n’a que très peu ou pas d’ennemis ou de maladies. Observé pour la première fois en Amérique du Nord en 2002, à Détroit et à Windsor. Depuis, l’insecte a détruit des millions de frênes dans le sud-ouest de l'Ontario, au Québec, au Michigan et dans de nombreux États voisins. En juin 2017, le ravageur est présent dans 31 États américains (carte en anglais seulement) (PDF) et 3 provinces canadiennes, l'Ontario, le Québec et tout récemment le Manitoba.

Depuis sa première observation en 2008 dans le sud du Québec à Carignan, l’agrile du frêne continue sa dispersion rapide sur le territoire (zones réglementées à l’égard de l’agrile du frêne). L’insecte est dorénavant bien établi dans la grande région métropolitaine de Montréal. Sa découverte à Québec montre sa nette progression vers l’est et constitue à ce jour l’observation la plus à l’est au pays.

Infestation

Agrile du frêne.
Source : Agence canadienne d’inspection des aliments

L’agrile du frêne pond ses œufs sur l’écorce de l'arbre. Lorsque la larve émerge, elle se loge juste sous l’écorce pour se nourrir du cambium, la partie vivante de l’arbre qui transporte la sève. Lorsque l’infestation est avancée, la sève ne peut plus circuler ni approvisionner les branches de l’arbre, et celui-ci meurt.

C’est donc la larve, et non l’insecte adulte, qui cause le déclin de l’arbre et éventuellement sa perte. L’insecte est très discret et on l’aperçoit rarement.

Pour détecter sa présence, il s’agit d’observer les différents signes et symptômes sur les frênes atteints.

Impacts

Frênes atteints par l'agrile.
Cimes de frênes anormalement dégarnies
Source : Ressources naturelles du Canada

Les principaux impacts sociaux et environnementaux d’une infestation d’agrile du frêne sont :

  • Diminution significative de la canopée, pouvant entraîner, entre autres, une diminution de la qualité de l’air, une augmentation des gaz à effet de serre et une augmentation des îlots de chaleur.
  • Augmentation des problèmes de santé affectant particulièrement les personnes souffrant de maladies respiratoires, vasculaires et cardiaques, dans le cas d’une perte importante de canopée (Donovan et coll., 2013).
  • Transformation marquée des paysages des rues et des parcs.
  • Réduction de la valeur des propriétés.
  • Perturbation des boisés naturels riches en frênes.

Exemple de dévastation

Frênes de Toledo en Ohio, entre 2006 et 2009

Source : Daniel A. Herms, The Ohio State University

Frênes sur le territoire

Le frêne est abondant sur le territoire de la ville de Québec. Initialement, plus de 13 000 frênes municipaux, soit 13 % de l’inventaire municipal, ornaient le territoire. Cette quantité ne considère pas les nombreux frênes qui ont été plantés sur les propriétés privées et ceux qui poussent naturellement dans les boisés.

Ainsi, il est certain que les ravages de l’agrile du frêne auront un impact majeur sur la forêt urbaine de Québec et sur la qualité de vie des citoyens.

Zones réglementées

Zones réglementées par le gouvernement fédéral à l’égard de l’agrile du frêne

Dans le but de limiter tant que possible la propagation de l’agrile du frêne au Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) procède à la création de zones règlementées depuis 2002. L’étendue du territoire est ajustée annuellement selon les nouvelles détections de l’agrile de frêne. Depuis janvier 2018, inclut tout le territoire de la Communauté urbaine de Québec.

La zone indique les limites au-delà desquelles plusieurs matériaux de frêne ne pourront pas sortir des zones réglementées. Les principaux matériaux sont les suivants :

  • Frênes entiers, billes ou branches de frêne (résidus d’abattage et d’élagage);
  • Bois de chauffage de toutes les essences d'arbre.

Pour certains produits (par exemple, copeaux), il est possible de demander une autorisation spéciale dont les exigences varieront en fonction du produit et de la période de l’année.

Pour en savoir davantage, consultez les zones réglementées à l’égard de l’agrile du frêne sur le site de l'ACIA.