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L'Agrile du frêne
Source : Ressources naturelles du Canada

En quelques années à peine, ce petit coléoptère originaire d’Asie peut ravager toute une population de frênes nord-américains. Depuis les premiers relevés de 2002 qui ont confirmé sa présence en Amérique du Nord, l'agrile du frêne a tué des millions de frênes dans le Sud-Ouest de l'Ontario, au Michigan et dans les États avoisinants.

Apparu au Québec en 2008, il continue de se propager rapidement dans plusieurs municipalités. Il est dorénavant bien établi dans la grande région métropolitaine de Montréal. Pour en savoir plus, consultez les zones réglementées à l'égard de l'agrile du frêne sur le site de l'Agence canadienne d'inspection des aliments.

Aucune ville infestée par l’agrile du frêne n’a réussi à l’éliminer jusqu’à maintenant. La Ville de Québec doit donc se préparer à l’éventualité d’une infestation sur son territoire.

Impacts d'une infestation

L’insecte n’a pas encore été détecté dans la région de Québec, mais la probabilité de le voir arriver d’une année à l’autre est très grande.

Le frêne étant largement présent sur le territoire de la ville, une infestation à l’agrile du frêne aura un impact majeur sur la forêt urbaine de Québec et sur la qualité de vie des citoyens.

Le territoire de la ville de Québec contient plus de 13 000 frênes municipaux, sans compter les nombreux frênes qui ont été plantés sur les propriétés privées et ceux des boisés naturels.

Une détection rapide et un plan d’action proactif permettront ainsi de limiter les dégâts et d’être prêts en cas d’infestation.

Les principaux impacts d’une infestation de l’agrile du frêne sont :

  • La diminution de la canopée, ce qui entraîne, entre autres, une diminution de la qualité de l’air, une augmentation des gaz à effet de serre et une augmentation des îlots de chaleur.
  • La réduction de la valeur des propriétés.
  • La perturbation des boisés naturels riches en frênes.

Coût et gestion d’une infestation

Les incidences économiques d’une infestation sont particulièrement importantes pour les municipalités comme Québec où les frênes ont été largement plantés dans le milieu urbain et où ils poussent naturellement dans plusieurs boisés.

La gestion d’une infestation engendre donc des coûts importants pouvant atteindre, en quelques années à peine, plusieurs millions de dollars. Pour ne donner que quelques exemples, Toronto prévoit dépenser plus de 74 millions de dollars pour gérer l’infestation sur son territoire, tandis que Montréal adoptait en 2016 un budget annuel de gestion de l’infestation atteignant les 18 M $.

Le plan de lutte doit prévoir des dépenses couvrant l’abattage des arbres, la disposition du bois, les traitements de conservation des frênes, la plantation des arbres de remplacement, ainsi que l’ensemble des services qui devront être offerts aux citoyens.  

L’objectif principal est de ralentir l’infestation. En gagnant du temps sur celle-ci, on étale l’abattage des frênes sur un plus grand nombre d’années, on protège la canopée, on réduit les coûts annuels d’abattage et du même coup les conséquences négatives sur les citoyens.

Avec la connaissance et les outils dont nous disposons aujourd’hui, la stratégie repose principalement sur un programme d’intervention qui combine la préservation d’un certain nombre de frênes par l’utilisation d’un pesticide, les abattages sélectifs et le remplacement des arbres.

Signes et symptômes

Les femelles déposent leurs œufs dans les fissures de l’écorce des frênes et ce sont les larves qui s’y développent qui provoquent la mort des arbres en obstruant la circulation de la sève.

Il est à noter qu’en Amérique du Nord, l’agrile s’attaque à toutes les espèces et variétés de frênes, malades comme sains. Aucune autre espèce d’arbres n’est touchée.

Les agriles laissent des traces et les frênes infectés présentent des symptômes de dépérissement.

Soyez vigilants et aidez la Ville à détecter la présence de l’agrile du frêne.

Quels sont les principaux signes et symptômes d’une infestation par l’agrile du frêne?

Les larves laissent des rainures en forme de « S » sous l’écorce. Par la suite, elles se transforment en petits coléoptères. Ces derniers sortent de l’arbre en laissant des trous en forme de « D » inversé de 3,5 à 4 mm.

Cliquez sur la photo pour l'agrandissement.

Cimes de frênes anormalement dégarnies


Photo : Ressources naturelles du Canada

Rainures en forme de « S »


Photo : ACIA

Trous en forme de « D »


Photo : Ressources naturelles du Canada

Une cime anormalement dégarnie et la prolifération de gourmands (la croissance de nouvelles pousses sur le tronc ou les branches) sont les symptômes d’un dépérissement.

Une activité particulièrement élevée des pics sur l’arbre peut indiquer la présence de l’agrile. À partir du début du mois de juin, on pourrait apercevoir des feuilles grignotées par le coléoptère adulte.

Pour plus de renseignements sur les signes et symptômes, consultez la section Détection de la présence de l'agrile du frêne, signes et symptômes du site Internet de l'Agence canadienne d'inspection des aliments.

Quoi faire si mon frêne présente des signes de dépérissement?

Vous pouvez consulter un arboriculteur pour identifier le problème qui affecte votre arbre et savoir quoi faire pour améliorer sa vitalité. Si vous désirez abattre votre arbre, en fonction de sa localisation sur votre propriété, il est fort possible que vous deviez obtenir un certificat d’abattage avant de procéder. Consultez la section Abattage - Démarche à suivre.

Si vous croyez que votre arbre est touché par l'agrile car vous avez observé des signes de sa présence sur votre arbre, vous devrez le communiquer le plus rapidement possible à ACIA (1 866 463-6017). Il ne faut pas l’abattre immédiatement, l’ACIA devra valider qu’il s’agit bien de l’agrile du frêne et émettra des directives sur le suivi à apporter.

Conseils pour aider à prévenir une infestation

L’agrile ne peut voler très loin, mais peut se propager par le transport du bois. La meilleure façon d’éviter son introduction à Québec est donc d’éviter le transport de produits forestiers infestés, en particulier le bois de chauffage, y compris dans les sites de camping.

Comme citoyen, vous pouvez aider à prévenir une infestation ou, le cas échéant, à réduire ses impacts :

  • achetez et brûlez uniquement du bois de chauffage local et renseignez-vous sur l’origine de votre bois de chauffage;
  • ne déplacez pas du bois de frêne, du bois de chauffage, des billes, des branches, du matériel de pépinière, des copeaux ou tout autre type de bois de frêne (pour plus de renseignements, consultez le site Internet de l'ACIA.
  • si vous désirez planter un arbre sur votre propriété, évitez de choisir un frêne. La Ville a d’ailleurs cessé de planter des frênes sur ses propriétés. Nous avons tout avantage à diversifier notre forêt urbaine. Quel arbre choisir?
  • aidez la Ville à détecter l’agrile du frêne en apprenant à reconnaître les signes et symptômes de la présence de l’insecte et en adoptant la bonne démarche si un frêne semble atteint.

Plan d'action période de préinfestation 2017-2018

Objectif du Plan d’action, période de préinfestation, 2017-2018

Ce plan d’action indique les actions que la Ville planifie réaliser au cours des deux prochaines années pour se préparer à une infestation.

Plan d'action préinfestation 2017-2018.

Ce plan s’inscrit en continuité avec le plan d’action précédent (2015-2016).

Tant que le ravageur n’est pas détecté sur le territoire, soit en période de préinfestation, la priorité est accordée à la détection précoce, aux communications avec les citoyens, à la planification d’un plan de lutte, et à la protection de la canopée.

La détection précoce


Photo : Ressources naturelles du Canada
La taille réelle de l'agrile
est d'à peine 8,5 mm de long.

La détection précoce vise à dépister l’insecte le plus tôt possible, car il peut s’écouler plusieurs années avant qu’un frêne infesté présente ses premiers signes de dépérissement. Plus l’insecte est détecté en début d’infestation, plus la Ville pourra agir pour réduire ses impacts sur la forêt urbaine. Depuis 2012, deux types d’enquête sont réalisés à la Ville de Québec. Aucune enquête n’a permis de détecter la présence de l’insecte sur le territoire de Québec jusqu’à maintenant.

L’enquête par piégage

Le dépistage par piège est une façon de détecter l’insecte avant que sa population n’atteigne une densité trop élevée et qu’apparaissent les premiers signes et symptômes extérieurs d’attaque.

Deux types de pièges sont utilisés sur le territoire de la ville : les pièges à prismes collants et les pièges à entonnoirs (depuis 2016). Les deux sont munis d’un attractif à la phéromone et permettent de capturer des spécimens adultes dans les secteurs où ces derniers sont présents.

L'enquête par écorçage

L'enquête par écorçage de branches est une autre façon de détecter l’insecte avant que sa population n’atteigne une densité trop élevée et qu’apparaissent les premiers signes et symptômes extérieurs d’attaque. Par rapport à l'enquête par piégeage, cette technique permet, en plus, d’obtenir des informations précises sur l’état de santé d’un arbre en particulier. Il a été évalué qu’à Québec, l’écorçage de 400 branches permettrait d’atteindre 95 % des chances de détecter une infestation touchant 3% des arbres du territoire.

Remplacement progressif de frênes de piètre qualité

La forêt urbaine de Québec sera particulièrement touchée puisque 13 % de ses arbres municipaux sont des frênes. Dans un secteur comme Limoilou, cette proportion atteint près de 25%.

Le remplacement progressif est une opportunité de protéger la canopée en remplaçant dès maintenant des frênes dont l’abattage aurait été inévitable d’ici quelques années dû à la venue de cet insecte exotique. Il a aussi pour but d’augmenter la diversité des espèces d’arbres présentes dans les parcs et le long des rues ; la biodiversité étant une des clés pour se protéger des conséquences de l’apparition de ravageurs nuisibles pour les arbres urbains.

Depuis l’automne 2015, la Ville de Québec poursuit le remplacement progressif de frênes de piètre qualité par d’autres essences d’arbres. Depuis 2017, elle a élargi son action aux jeunes frênes présentant un diamètre inférieur à 20 cm. Cela permet de réduire l’impact sur la canopée en cas d’infestation tout en économisant sur les coûts d’abattage.

Projets-pilotes de valorisation du bois de frênes

Le remplacement proactif de frênes a été l’occasion de mettre en œuvre deux projets-pilotes de valorisation du bois.

  • En 2016, le bois de qualité issu de l’abattage des frênes dans le quartier Maizerets a été remis, dans le cadre du projet Recycl’arbre, au Centre de formation professionnelle de Neufchâtel grâce à un partenariat mené aussi avec l’École de foresterie et de technologie du bois de Duchesnay et le Centre de formation en transport de Charlesbourg. Pour l’ensemble des partenaires, l’expérience a été jugée très positive et il est planifié de poursuivre au cours des années à venir avec un grand volume de bois, issu de plusieurs essences d’arbres.
  • En 2015, le bois de qualité des frênes issus de l’abattage d’une dizaine de frênes sur la rue des Chênes Ouest a été récupéré et remis gracieusement par la Ville de Québec à l’Établi-Ébénisterie du campus, une entreprise étudiante attachée à la Faculté de foresterie, géographie et géomatique de l'Université Laval pour être recyclé en bois d’œuvre. À la demande de la Ville de Québec, les planches nécessaires à la fabrication de quatre bancs de parcs ont été préparées par l’entreprise et retournées à la Ville. Ce projet-pilote est une occasion de tester le bois de frêne pour remplacer le bois de bouleau jaune habituellement utilisé par la Ville dans la fabrication de ces bancs.

Banc d’essai avec Hydro-Québec

Au printemps 2016, dix arbres, dont 5 féviers inermes et 5 érables argentés, ont été plantés pour remplacer un alignement de 11 frênes en piètre état sous le réseau triphasé d’Hydro-Québec sur la rue des chênes ouest dans le quartier Lairet.

Ce projet de remplacement d’arbres sous le réseau triphasé a été mené en partenariat avec Hydro-Québec. Il s’agit en fait de l’instauration du premier banc d’essai d’un réseau que l’entreprise compte implanter au Québec. Le besoin d’implanter des bancs d’essais est issu de la présence de l’agrile du frêne dans la province de Québec. L’agrile du frêne force tous les intervenants impliqués à revoir les bases de la foresterie urbaine. Cette initiative s’inscrit dans une volonté de cohabitation harmonieuse des arbres urbains et du réseau de distribution d’électricité. Une attention particulière est portée au choix des arbres qui seront plantés et aux tailles et traitements qui leur seront accordés lors de leur croissance.

Questions et réponses

Quoi faire pour protéger un frêne contre l'agrile?

Quatre produits ont été homologués au Canada pour lutter contre l’agrile : ACecap 97, Confidor 200SL, Ima-Jet et TreeAzin.

Le TreeAzin™ est le seul produit d’origine naturelle et il est le plus utilisé au Canada. Il doit être appliqué à l’arbre au moyen d’injections. Toutefois, seuls des professionnels compétents peuvent administrer ces injections qui doivent être répétées tous les deux ans. Dans une zone infestée, il faut faire le traitement à chaque année.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur le produit et connaître les fournisseurs autorisés dans votre région, consultez site Internet de BioForest Technologies Inc.

Toutefois, tant que l’agrile ne sera pas détecté sur le territoire de la Ville, nous ne vous recommandons pas de traiter un frêne. Cela pourrait blesser l’arbre inutilement.

Voir toutes les questions et réponses »

Saviez-vous que...

La Ville de Québec détient un inventaire informatisé de tous ses arbres de rues et de parcs? Cet inventaire comprend quelque 13 100 frênes, ce qui représente un peu plus de 13% des arbres municipaux. Dans certains quartiers, comme celui de Limoilou, la proportion de frêne dépasse les 20%.

Quoi faire si je vois un frêne de la Ville ou un frêne privé qui semble malade?

Renseignements supplémentaires

Pour en connaître davantage sur l’agrile du frêne, consultez le site Internet de l'Agence canadienne d'inspection des aliments.

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