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Calèches

Souvent boudées par les résidents, les calèches de Québec font toujours la joie des touristes, qui ont tout le temps de sillonner les rues de la ville à petit trot.

D'hier à aujourd'hui

Si l'arrivée du cheval en Nouvelle-France est relatée par les Jésuites en 1647, le mystère plane sur l'introduction de la première voiture à cheval. Ce mode de transport est vraisemblablement plus tardif, puisque, avant de remplacer le canot par la voiture, il faut tracer des chemins convenables.

En 1683, on recense dans la colonie 56 chevaux, dont la plupart sont utilisés comme bêtes de trait sur les fermes. Les premières calèches sont réservées à l'élite. Les seigneurs prennent place dans une voiture à deux roues, découverte, conduite par un cocher. Le siège est fixé à une sorte de coffre suspendu, qui se balance au gré du roulis pour atténuer l'inconfort provoqué par les cahots de la route.

On raconte que, retardé par des vents contraires en 1756, Montcalm a dû débarquer à Saint-Joachim, où l'attendait une calèche pour le transporter à Québec.

Les calèches à deux roues sont remplacées par des voitures à quatre roues, plus confortables, au milieu du 20e siècle. Découvertes par beau temps, elles sont équipées d'une capote en cuir que l'on déploie à volonté pour protéger les passagers des intempéries.

D'abord un véhicule utilitaire

Si la voiture hippomobile est aujourd'hui destinée aux touristes, elle était jadis indispensable au transport des personnes et des denrées. La Ville a dû adopter divers règlements concernant les voitures et leurs conducteurs. Ainsi, au 19e siècle, il faut être âgé d'au moins 16 ans et obtenir un permis pour exercer le métier de charretier ou de porteur d'eau. La « vitesse » est limitée, les cochers devant s'en tenir à un trot modéré. L'abus du fouet et toute conduite imprudente exposent les contrevenants à des amendes. Les tarifs des premiers « taxis » varient selon le nombre de chevaux, le nombre de passagers et la durée de la course. Ils sont révisés régulièrement. Les bêtes vont et viennent entre la basse et la haute ville.

Vers 1860, on dénombre quelque 2 000 chevaux de transport dans la ville, sans compter les bêtes réservées à l'usage personnel de leur propriétaire. Il est interdit d'immobiliser un cheval devant une résidence ou un commerce. Les cochers doivent attendre leurs clients dans des endroits réservés à cette fin, sans encombrer la voie publique.

La nostalgie ne date pas d'hier

À tort ou à raison, les voitures hippomobiles sont critiquées dans les quartiers touristiques. Un vent de nostalgie souffle déjà au 19e siècle : « La belle calèche des bons vieux jours va bientôt disparaître, chassée par des véhicules plus prétentieux, mais qui n'auront jamais sa désinvolture », disait P. J. O. Chauveau lors d'une conférence prononcée devant l'Institut canadien de Québec en 1877. Ce qu'il craignait le plus ne s'est toujours pas réalisé : « Quand la dernière calèche aura remonté pour la dernière fois la côte de la basse ville, il faudra dire adieu à la couleur locale. Le vieux Québec aura vécu! »

Témoignages du passé

Plusieurs maisons de l'arrondissement historique de Québec et de ses anciens faubourgs témoignent de l'époque où les chevaux étaient nombreux dans la ville. Des portes cochères sont percées ici et là pour donner accès aux cours arrière. Quelques écuries construites en pierre ont été transformées en logements.

Sources

Roy, Pierre-Georges. Bulletin des recherches historiques, 2e volume, janvier 1896. Consulté le 1er avril 2009 sur le site Internet-Archive.

Lebel, Jean Marie. Le Vieux-Québec : guide du promeneur, 1997.

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