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Escaliers

Après le Vieux-Québec, son enceinte fortifiée et la vue imprenable sur le fleuve depuis la terrasse Dufferin, ce sont sans doute les escaliers qui laissent un souvenir impérissable aux visiteurs de Québec. Dès sa fondation, la ville se déploie sur deux niveaux. La ville basse devient rapidement un lieu d’échanges très animé, dominée par le fort et le château Saint-Louis, construits sur le promontoire.

Les premiers escaliers de bois

Les côtes constituent les premiers liens physiques entre les deux niveaux. Très tôt, des escaliers en bois s’accrochent à l’escarpement. Ils se superposent souvent à un ancien sentier; ainsi, les ascensions et les descentes sont plus rapides et moins périlleuses. Se moquant de la topographie accidentée du site, les piétons vont et viennent en évitant les côtes sinueuses.

Les escaliers sont construits au fur et à mesure du développement urbain. L’escalier Casse-Cou, le plus ancien, remonte aux environs de 1635. Il permet de raccourcir la montée par la côte de la Montagne, seul lien avec la haute ville à cette époque. Le vieil escalier de bois est remplacé par une structure de fonte en 1895. Sa forme actuelle avec paliers et terrasses date de 1968. Au fil du temps, il a porté les noms de Champlain, du Quêteux et de la Basse-Ville. Son appellation évoque la forte déclivité de l’escarpement à cet endroit.

Les escaliers de l’architecte Charles Baillairgé

L’architecte Charles Baillairgé conçoit les plans d’une dizaine d’escaliers de Québec à la fin du 19e siècle. Ingénieur de la Ville depuis 1866, il participe à de nombreux travaux d’embellissement, notamment l’enlèvement des glacis et la transformation des fortifications en une promenade pittoresque autour de la ville ancienne. Baillairgé modernise les escaliers existants et multiplie les liens entre la basse et la haute ville. Adepte des plus récentes technologies, il choisit la fonte pour ses qualités structurales et ornementales. Ce matériau permet la préfabrication d’éléments modulaires faciles à assembler. L’escalier situé à l’extrémité de la rue De Buade est nommé en son honneur. Construit en bois en 1841, il est réaménagé suivant les plans de l’architecte en 1889.

Des liens directs pour les ouvriers des faubourgs

Construits pour faciliter la circulation des ouvriers des manufactures, les deux escaliers les plus achalandés à l’origine sont sans doute les escaliers du Faubourg et Lépine. En 1882, celui-ci remplace un ouvrage en bois construit en 1857. L’arche stylisée n’est pas seulement décorative. On y a inscrit les noms du fabricant, de l’architecte, du maire et des conseillers impliqués dans sa réalisation. Au pied de la côte d’Abraham, l’escalier du Faubourg est aussi décoré d’un bas-relief représentant le maire Langelier. Comportant 98 marches réparties en trois volées, il est dominé par un belvédère en surplomb. Arborant l’emblème de la municipalité, ces ouvrages symbolisent le dynamisme de l’administration qui les fait construire.

D’autres structures de bois ou de fer relient la haute et la basse ville sur le versant nord de l’escarpement, notamment les escaliers des Glacis, de la Chapelle, Badelard, Lavigueur, Colbert, Victoria, des Franciscains, de la Pente-Douce et Joffre. Leur longueur varie de 57 à 180 marches.

Mieux vaut descendre que monter!

Le plus long est l’escalier du Cap-Blanc, construit en 1868. Aménagé sur une pente sujette aux éboulis, l’ouvrage en bois est réparé à maintes reprises et rebâti en 1894 par Charles Baillairgé. Il permet aux ouvriers de monter travailler aux usines de munitions aménagées sur les plaines d’Abraham. Réaménagé dans les années 1990, il est le préféré des adeptes de l’entraînement physique, qui gravissent ses 398 marches avec facilité, faisant sans doute quelques envieux…

Le plus pittoresque est sans doute l’escalier de la Promenade du Gouverneur, qui relie la terrasse Dufferin aux plaines d’Abraham. En se dirigeant vers la terrasse, le visiteur peut admirer à loisir un paysage grandiose. Ceux qui s’attendent à une descente régulière des 310 marches auront des surprises, puisqu’ils emprunteront de longues sections horizontales et même des volées montantes!

Sources

Bonenfant, Marie-Ève. Les escaliers publics en fer de la ville de Québec. Entre fonctionnalité et représentation (1880-1990). Québec, Septentrion, 2006.

Dagneau, Georges-Henri. « Les escaliers de Québec » Quebecensia, Bulletin de la Société historique de Québec, vol. 2, no 4, septembre-octobre 1981.

Répertoire toponymique de la ville de Québec. Consulté le 2 avril 2009 sur le site de la Ville de Québec.

Banque de renseignements des archives de la Ville de Québec.

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