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Village et ville de Montmorency

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Une densité qui bat des records

Le secteur de Montmorency a tout du quartier ouvrier, avec ses rues étroites, ses alignements de maisons à logements et ses voies ferrées qui traversent la localité. Le caractère urbain de l’ancienne agglomération industrielle a longtemps constitué une cassure dans le paysage rural de la côte de Beauport. Même que la densité de l’ancienne ville a battu bien des records.

L’urgence de planifier

La croissance de la population établie au pied de la côte à Courville, aujourd’hui de Saint-Grégoire, conduit à la création du village de Montmorency en 1902. Les membres du premier conseil, choisis par le curé de Saint-Grégoire, ont du pain sur la planche car l’agglomération se développe sans plan ni règle.

Pour assurer la salubrité des lieux, le conseil fait installer un système d’aqueduc et d’égout. Puis, il adopte un règlement pour éliminer les « bécosses » à l’arrière des maisons. Elles sont remplacées par des « water closet » dans tous les logements. Pour corriger le désordre installé, le conseil procède ensuite à une série d’expropriations dans le but d’ouvrir une nouvelle voie est-ouest. Ce sera l’avenue Ruel, qui deviendra la rue principale du village. On construira au no 49 l’hôtel de ville et la caserne de pompiers.

Au vu et au su des voisins

Sauf quelques maisons de notables, la plupart des habitations sont faites de bois et parfois recouvertes de brique rouge. Elles comportent généralement des logements sur deux ou trois étages et de longues galeries en façade. Les plus anciennes, qui peuvent remonter à l’époque du Bas-du-Sault, sont construites sans solage, comme le 81, avenue Ruel. Plusieurs familles s’entassent dans ces habitations qui souvent n’ont pas de cour arrière. On est à l’étroit, à la vue des voisins, coincé dans un espace restreint, entre la falaise, le Saint-Laurent et la filature. À l’ouest de l’agglomération, une immense dalle sur pilotis forme une barrière physique jusqu’en 1947, date de sa démolition. Par cette dalle, on achemine au fleuve des billes de bois coupées en amont de la Montmorency.

Le village, qui devient ville en 1947, est traversé par une voie ferrée très fréquentée. Elle relie Québec et Charlevoix en passant par un important lieu de pèlerinage : Sainte-Anne-de-Beaupré. À cette époque, 33 trains par jour roulent dans chaque direction ! Le train, qui parfois fauche des vies et mutile, est omniprésent dans le quotidien des habitants. Comme le feu, d’ailleurs. Des incendies ravagent le premier collège, le premier couvent et plusieurs maisons du village, notamment dans l’avenue Ruel.

Des records de densité

Au début des années 1940, plus de 5 500 personnes habitent le territoire d’à peine trois kilomètres carrés. Les logements sont surpeuplés, car les familles sont nombreuses. Et la croissance se poursuit : la guerre fait augmenter la production à la Dominion Textile et, de ce fait, l’embauche à l’usine.

Montmorency bat alors tous les records : elle est au premier rang des villes canadiennes pour son taux de natalité et au deuxième rang pour sa densité. À cet égard, elle atteint un sommet historique en 1956 avec 8 681 habitants au kilomètre carré. Sa densité dépasse même celle de la ville de Montréal.

Le dépeuplement

La promiscuité obligée a des conséquences. Lorsque le travail ralentit à l’usine, les départs se font nombreux. En dix ans, à compter de 1964, plus de 1 500 personnes quittent Montmorency. On part à la recherche d’emplois plus lucratifs et d’un milieu de vie qui corresponde davantage à l’idéal de l’époque : la banlieue. Certains sont délogés aussi par la construction de l’autoroute Félix-Leclerc, à l’ouest du secteur, laquelle entraîne la démolition d’une trentaine de maisons.

Montmorency, devenu un quartier de Beauport en 1976, est affecté par la fermeture de l’usine. Mais tandis que le secteur s’appauvrit et se dégrade, certains s’attaquent à sa revitalisation. On recycle l’ancienne caserne pour loger des organismes du milieu qui soutiennent notamment les personnes à faible revenu. Le centre des loisirs Odilon-Blanchet s’installe dans les locaux désertés de l’hôtel de ville, où se déroulent désormais les réunions du conseil de quartier. Quant à l’avenue Ruel, elle fait peau neuve en 2015-2016, avec l’élargissement des trottoirs et la plantation d’arbres. En douce, le milieu se refait une beauté, prêt à accueillir davantage de jeunes familles.

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