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Église et cimetière Saint-Matthew

Témoignages    Images anciennes    Art public

Un temple anglais transplanté à Québec

L’église Saint-Matthew, aujourd’hui reconvertie en bibliothèque de la Ville de Québec, remonte aux années 1870. Elle remplaçait alors une première chapelle construite en pierre en 1849 et devenue trop petite pour accueillir les nombreux anglicans habitant ce secteur de la ville. Le cimetière qui l’entoure est encore plus ancien. Inauguré en 1772, on y trouve probablement la plus vieille pierre tombale du Québec.

De cimetière à église paroissiale

Après la cession définitive de la Nouvelle-France à l’Angleterre, en 1763, la nécessité d’inhumer les chrétiens de confessions distinctes dans des cimetières séparés amène le gouvernement britannique à acquérir un terrain sur le chemin Saint-Jean pour y enterrer des anglicans, puis, quelques années plus tard, des presbytériens. Une première défunte y trouve le repos en 1772.

Cinquante ans plus tard, un prêtre célèbre parfois une messe dans la maison du fossoyeur du cimetière à l’intention des anglicans francophones originaires des îles de Jersey et Guernesey qui se sont établis à Québec. L’ajout de fenêtres cintrées et d’une coupole sur le toit confirme bientôt la nouvelle vocation du bâtiment en bois qu’on baptise chapelle Saint-Matthew. L’incendie de juin 1845 réduit cet édifice à néant, à l’instar de tout le reste du faubourg Saint-Jean.

Une chapelle en pierre pouvant accueillir 500 personnes est inaugurée au même endroit en 1849. Elle est agrandie à plusieurs reprises pour répondre aux besoins de la population anglicane croissante. L’architecte montréalais William T. Thomas supervise une série de transformations majeures entre 1870 et 1882, lors de l’érection de la paroisse Saint-Matthew. Il élargit le chœur et la nef de l’église, ajoute un transept et fait ériger une tour-porche contenant un carillon.

Industrialisation et retour aux sources

Thomas puise son inspiration dans le mouvement Ecclesiological Society qui fleurit à cette époque en Angleterre, en réaction à l’industrialisation. Les tenants de ce mouvement espèrent trouver dans le Moyen Âge les racines d’une foi authentique. C’est pourquoi l’église Saint-Matthew arbore un style gothique très pur, comme d’autres temples contemporains au Royaume-Uni, et qu’on s’assurera de conserver autour d’elle un écrin de verdure.

Influences britanniques

L’Ecclesiological Society n’est pas le seul mouvement à exercer son influence sur l’église et le cimetière Saint-Matthew. Au 19e siècle, la majorité des anglophones habitant Québec sont nés au Royaume-Uni. Ils entretiennent avec la mère-patrie d’étroites relations de parenté et d’affaires. Comme Québec est un maillon important de l’Empire britannique en Amérique, il n’est pas étonnant que les vitraux, la chaire, la balustrade du chœur, l’horloge en fer forgé du clocher et d’autres éléments décoratifs de l’église Saint-Matthew aient été réalisés en Angleterre.

Une reconversion réussie

La communauté anglicane de Québec décroît régulièrement au cours du 20e siècle, au point qu’en 1954, lorsque vient le temps de remplacer le prestigieux revêtement d’ardoise polychrome de la toiture, arrivé en fin de vie, les paroissiens optent pour une couverture de cuivre plus abordable. En 1979, ce déclin pousse la communauté à demander à la Ville de Québec de prendre en charge l’église et le cimetière Saint-Matthew.

La Ville acquiert alors l’église historique et son cimetière pour la somme symbolique d’un dollar. Elle la reconvertit ensuite en bibliothèque en prenant soin de préserver l’authenticité de son caractère religieux, de sorte que les usagers d’aujourd’hui peuvent admirer les fonts baptismaux datant de 1894, la chaire en marbre, les vitraux et plusieurs boiseries d’origine. En 2017, la bibliothèque prend le nom de Claire-Martin, en hommage à une écrivaine marquante qui avait un attachement particulier pour le quartier.

Revivez l’histoire du cimetière Saint-Matthew

Découvrez le plus vieux cimetière protestant de Québec à l’aide d’un audioguide gratuit. En 12 stations, l’historien David Mendel raconte la vie et la fin parfois dramatique de ceux qui sont inhumés dans ce lieu unique en son genre.

L’audioguide est disponible en baladodiffusion sur iTunes, dans l’application Balados de Apple ou sur PodcastParty. Vous pouvez également emprunter un iPod à la bibliothèque Claire-Martin.

Le cimetière est ouvert du 1er mai au 15 novembre.

Le cimetière-parc urbain

Une loi du gouvernement canadien interdit l’utilisation de ce cimetière en 1860 pour rassurer les habitants du faubourg qui croyaient les cadavres responsables des épidémies qui les frappaient. Cependant, comme le veut la tradition anglicane, les quelque 8 000 à 10 000 croyants qui y ont été enterrés y reposent toujours. C’est pourquoi l’aménagement récent du parc Saint-Matthew incite au recueillement et que des pierres tombales y sont toujours présentes. La pierre tombale du soldat écossais Alexander Cameron, mort à Lévis en 1759, puis transféré au cimetière Saint-Matthew, serait la plus ancienne du Québec.

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Images anciennes


Art public

La petite liseuse

Lewis Pagé

2007

755, rue Saint-Jean

La sculpture en bronze, posée sur un socle en granit, est adjacente à la bibliothèque Saint-Jean-Baptiste. Elle représente une jeune fille assise en tailleur, plongée dans la lecture d’un livre. Le personnage est coiffé d’une casquette du Festival d’été de Québec. L’artiste a su rendre avec sensibilité et une grande économie de moyens toute la concentration de la jeune liseuse.

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