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Épicerie J. A. Moisan

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Entretenir le patrimoine

L’épicerie J. A. Moisan ouvre ses portes en 1871. Sans interruption depuis, les propriétaires successifs cultivent en ses murs une tradition commerciale devenue exclusive, car le patrimoine est à l’honneur dans cette épicerie au charme d’autrefois. Il n’en demeure pas moins qu’aujourd’hui comme hier, la population du quartier y trouve ce dont elle a besoin au quotidien. J. A. Moisan, une épicerie d’antan bien de son temps.

Un jeune homme entreprenant

La rumeur veut que le fondateur de l’épicerie Moisan faisait partie des Irlandais qui ont fui la famine sévissant dans leur pays au milieu du 19e siècle. Ses parents auraient péri lors du naufrage du navire qui les transportait, non loin de Québec, et un menuisier du faubourg l’aurait adopté et élevé.

Jean-Alfred Moisan n’a que 23 ans lorsqu’il ouvre une première épicerie au coin des rues De La Chevrotière et de l’Artillerie (aujourd’hui disparue). Deux ans plus tard, il se marie à Laetitia Clavet, fille d’un grossiste en boucherie, et déménage son commerce rue Saint-Jean, qui est alors la principale artère commerciale de la haute-ville, à l’extérieur des fortifications. Après avoir habité la maison voisine, J.-A. Moisan acquiert en 1885 le bâtiment que l’épicerie occupe toujours.

Cet édifice construit vers 1850 combine les fonctions résidentielle et commerciale à la façon typique de l’époque. La famille exploite la boutique située au rez-de-chaussée et habite à l’étage. En façade, les baies vitrées attirent l’attention des passants sur les produits vendus à l’intérieur.

Une épicerie qui se distingue

À la fin du 19e siècle, la population s’approvisionne habituellement en nourriture dans l’épicerie du coin la plus proche. Pour attirer davantage de clients, l’entreprenant J.-A. Moisan développe un volet de spécialités. Il répond à l’obligation faite par la religion catholique de manger maigre (sans viande) le vendredi, en ouvrant une poissonnerie qui sera très courue, notamment au temps des huîtres que l’épicier reçoit par barils. Il offre également du café à ses clients, du thé importé directement d’Angleterre, des épices et le célèbre fromage raffiné de l’île d’Orléans, une exclusivité à la haute-ville de Québec.

En 1921, malgré ses 70 ans, il achète la maison contiguë dans le but d’agrandir son épicerie. Mais le projet tourne court.

La relève familiale

Après le décès du fondateur, en 1927, son fils Joseph-Elzéar prend la relève. Comme il était courant à l’époque, il contracte lui aussi un mariage dans le même champ professionnel avec Hélène Légaré, fille d’un grossiste en fruits et légumes. J.-E. Moisan traverse avec succès la difficile période de la Grande Dépression des années 1930, mais il fait faillite en 1939. Comme le couple n’a pas d’enfants, un beau-frère acquiert le commerce familial et l’exploite jusqu’en 1979.

Maintenir la tradition

Le nouvel acquéreur de l’épicerie Moisan connaît la famille et maintient le caractère particulier de cette épicerie centenaire. L’agrandissement envisagé en 1921 dans le bâtiment voisin se réalise en 1982 et sert à la vente de produits en vrac, une pratique ancienne remise au goût du jour.

C’est cependant sous l’impulsion des propriétaires actuels, qui achètent l’épicerie en 1999, que le caractère patrimonial s’affirme avec le plus de force. Ceux-ci font des recherches, rencontrent les membres encore vivants de la famille Moisan, obtiennent des photographies d’époque et identifient des objets qui étaient demeurés sur place depuis longtemps pour les exposer. Ils procèdent ensuite aux rénovations qui restituent fidèlement l’allure de l’épicerie au début du 20e siècle, tout en occupant un créneau commercial semblable, celui des importations et des produits de spécialité.

Un exemple de patrimoine vivant

Cette passion pour l’histoire et le patrimoine anime les propriétaires actuels de l’épicerie J. A. Moisan, au point qu’ils ont aussi restauré et meublé les étages supérieurs de la maison pour y tenir une petite auberge de style 19e siècle. Ainsi, des combles au rez-de-chaussée, le caractère historique du commerce et de la résidence de la famille Moisan a été préservé pour le plaisir et la connaissance des clients d’aujourd’hui.

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J.A. Moisan, épicier

Thérèse Légaré-Faguy est la petite-fille de Jean-Alfred Moisan qui, en 1871, a fondé l’épicerie qui est sans doute la plus vieille en Amérique du Nord. Elle revisite les lieux qu’elle a connus dans son enfance en compagnie de Clément Saint-Laurent, copropriétaire actuel. Ce passionné d’histoire n’a pas ménagé ses efforts pour conserver la mémoire des Moisan, notamment à partir des legs de la famille.


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