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Faubourg Saint-Jean

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Des incendies marquants

La ville de Québec a été la proie de plusieurs incendies majeurs au 19e siècle. Les conflagrations de 1845 et 1881 ont particulièrement marqué la configuration et l’architecture du faubourg Saint-Jean. Un œil averti peut encore repérer les conséquences directes de ces grands incendies dans les rues situées entre la rue Saint-Jean et la basse-ville, alors qu’elles sont plus diffuses ailleurs dans le quartier Saint-Jean-Baptiste.

La conflagration de 1845

Vers minuit, le 28 juin 1845, un incendie éclate rue D’Aiguillon. Aussitôt, un vent puissant propage les flammes d’une maison à l’autre, toutes construites en bois, jusque dans l’ensemble des faubourgs Saint-Jean et Saint-Louis, qui seront entièrement dévastés. L’incendie est si violent que les habitants de Trois-Rivières, à 125 kilomètres de Québec, en aperçoivent les lueurs dans le ciel.

Comme un incendie aussi considérable avait rasé le faubourg Saint-Roch, en basse-ville, un mois plus tôt, plusieurs de ces sinistrés réfugiés chez les habitants de la haute-ville se retrouvent une fois de plus à la rue. Cette fois, les ressources font cruellement défaut pour leur venir en aide, ainsi qu’aux 10 000 nouveaux sans-abris. Les militaires montent en vitesse des centaines de tentes sur les plaines d’Abraham pour les abriter temporairement. Le gouvernement débloque aussi un fonds d’urgence pour soulager ces sinistrés qui représentent environ les deux tiers de la population de la ville de Québec.

Québec, ville inflammable

Plusieurs causes expliquent que Québec soit l’une des villes d’Amérique du Nord les plus touchées par de tels incendies au 19e siècle. L’étroitesse des lots et l’absence de ruelles accentuent la densité du bâti, alors qu’un très grand nombre d’habitations sont en bois. L’approvisionnement en eau est également déficient.

Sept ans après le funeste été 1845, la Ville entame la construction d’un aqueduc pour corriger les lacunes de l’approvisionnement en eau, assuré jusque-là par des fontaines publiques et des porteurs d’eau. La capacité de cet aqueduc, complètement achevé en 1865, sera augmentée à trois reprises par la suite pour répondre adéquatement aux besoins.

La Ville interdit d’utiliser le bois pour rebâtir les habitations des trois faubourgs dévastés. Mais bien des habitants trop pauvres n’en tiennent pas compte, entre autres dans le faubourg Saint-Jean où la Ville élargit et redresse certaines rues, en plus de tracer deux nouvelles rues « coupe-feu » : Deligny et Sainte-Marie. À partir de 1849, des patrouilles de nuit parcourent le faubourg. En 1866, mesure décisive, la Ville de Québec crée le Département du feu. Les premiers pompiers permanents desservent les faubourgs Saint-Jean et Saint-Louis à partir de leur caserne située au marché Berthelot.

Ramener l’ordre

La Ville se révèle impuissante à bannir les trop nombreuses habitations en bois du faubourg Saint-Jean. Par contre, elle oblige plusieurs propriétaires à déplacer leurs maisons, puisque le tracé des lots et des rues n’est pas davantage respecté, une situation qui engendre de nombreuses querelles entre voisins en plus d’obstruer la circulation, notamment en cas d’incendie. En 1875, l’arpenteur Paul Cousin réalise un plan cadastral qu’utilisera la Ville pour remettre de l’ordre dans le faubourg, en imposant le tracé rectiligne des rues qu’on peut encore voir aujourd’hui.

L’incendie de 1881

Un autre incendie majeur se déclare le 8 juin 1881. Encore une fois, à partir d’une écurie de la rue Sainte-Marie, le feu se répand comme l’éclair à 1000 bâtiments du faubourg Saint-Jean, y compris à l’église de Saint-Jean-Baptiste. Cinq mille personnes sont touchées. Heureusement, le secteur situé à l’est de la rue Sainte-Geneviève est épargné.

Nécessité oblige, la reconstruction se fait très rapidement. Cette fois, seules la brique et la pierre sont utilisées et, dans bien des cas, les toits mansardés remplacent les toits à deux versants, moins pratiques et passés de mode. Rue Richelieu, à l’est et à l’ouest de la rue Sainte-Geneviève, on distingue encore les maisons reconstruites après 1845, épargnées par le second incendie (murs en bois, toits à double versant ou mansardés), et celles qui ont été bâties après 1881 (murs en briques, toits plats ou mansardés).

Depuis ce temps, plus aucune conflagration n’a dévasté Québec.

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