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Irlandais d’origine à Québec

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Un nouveau centre institutionnel

L’école et l’église Saint-Patrick de l’avenue De Salaberry rappellent l’importance de ce secteur pour la communauté d’origine irlandaise de Québec. Après les vagues d’immigration du 19e siècle, souvent survenues dans des circonstances dramatiques, les Irlandais qui s’établissent en grand nombre à Québec vont progressivement améliorer leur sort. Au 20e siècle, c’est dans ce secteur qu’ils concentrent leurs principales institutions.

L’afflux d’immigrants irlandais au 19e siècle

Les premières vagues d’immigrants irlandais atteignent Québec au début du 19e siècle. Plusieurs d’entre eux sont catholiques. Dès 1833, comme l’appartenance religieuse est alors une frontière plus étanche que la langue, ils se dotent de leur propre institution religieuse de langue anglaise : l’église Saint-Patrick du Vieux-Québec, distincte des églises que fréquentent les protestants et anglicans britanniques.

D’autres vagues d’immigrants irlandais débarquent à Québec dans les années 1840. Plusieurs sont victimes de maladies, ou poursuivent leur migration vers d’autres villes canadiennes ou américaines. En 1871, ils sont néanmoins 12 000 à habiter la ville et forment 20 % de sa population.

De la vieille ville et du faubourg Saint-Louis au quartier Montcalm

Les Irlandais se regroupent près du fleuve, autour du port, et dans le faubourg Saint-Louis. Quand les moteurs économiques de Québec que sont le commerce du bois et la construction navale périclitent dans les années 1870, plusieurs travailleurs irlandais reprennent la route. La population d’origine irlandaise de Québec se stabilise alors autour de 5 000 au début du 20e siècle. C’est à cette époque qu’ils déplacent leur centre institutionnel dans le quadrilatère formé par les rues De Salaberry, Grande Allée, de la Tour et De Maisonneuve.

De cimetière à centre des loisirs

Six épidémies de choléra frappent Québec entre 1832 et 1854. La première est si virulente qu’elle fait plus de 2 500 morts en quelques semaines, dont un grand nombre d’Irlandais. Ils sont enterrés avec d’autres catholiques dans le cimetière des cholériques qu’on aménage à la hâte loin des secteurs habités, aux limites de la ville, dans le quadrilatère évoqué précédemment.

Les Irlandais se joignent d’abord aux Canadiens français dans la société d’entraide Saint-Vincent-de-Paul pour soulager les immigrants irlandais accablés par la maladie et la pauvreté. Puis ils créent leur propre institution d’aide aux orphelins, aux démunis et aux personnes âgées : le Saint Brigid’s Home, qui ouvre ses portes en 1856. D’abord situé dans le Vieux-Québec, il déménage deux ans plus tard sur le vaste terrain du cimetière des cholériques que la paroisse de Saint-Patrick vient d’acquérir à l’angle de la Grande Allée et de l’avenue De Salaberry. Cette maison d’accueil devient bientôt un point de ralliement pour toute la communauté.

L’intégration progressive des Irlandais de Québec à la majorité canadienne-française est facilitée par l’adhésion à la même religion : 90 % d’entre eux sont catholiques au début du 20e siècle. Les mariages mixtes et le bilinguisme qui en découlent favorisent leur ascension sociale. Leur langue maternelle anglaise facilite également leur insertion dans les réseaux commerciaux dominés par les Britanniques. De sorte qu’au bout de quelques décennies, le niveau de vie de plusieurs d’entre eux leur permet d’habiter le beau quartier Montcalm, nouvellement créé.

C’est ainsi que plusieurs autres institutions se regroupent bientôt autour du Saint Brigid’s Home. Une nouvelle église Saint-Patrick est consacrée rue Grande Allée en 1915 (elle sera terminée en 1958). Quatre ans plus tard, l’école Saint-Patrick déménage du Vieux-Québec à l’endroit où elle se trouve aujourd’hui, avenue De Salaberry. Elle est agrandie aux dimensions actuelles en 1950. S’ajoutent ensuite le presbytère-monastère des Rédemptoristes chargés de la paroisse, en 1922-1924, puis un Centre des loisirs en 1937 et, plus bas sur De Salaberry, une école pour filles en 1939.

Les Irlandais de Québec aujourd’hui

Les Irlandais d’origine, moins nombreux aujourd’hui, demeurent attachés à ce secteur chargé d’histoire malgré le déménagement du Saint Brigid’s Home et la démolition de la vaste église de la Grande Allée. Leur nouvelle église Saint-Patrick, située sur l’avenue De Salaberry, demeure le centre de la paroisse regroupant tous les catholiques anglophones de Québec. C’est aussi pourquoi le défilé de la Saint-Patrick, célébrée avec fierté le 17 mars de chaque année, débute ici.

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