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Construction navale à Québec

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Moteur économique au 19e siècle

Au 19e siècle, les chantiers navals de la rivière Saint-Charles jouent un rôle clé dans le développement du quartier Saint-Roch. Cette industrie florissante y attire de nombreux ouvriers, artisans et journaliers. Bientôt, les constructeurs canadiens-français se multiplient et participent aussi à l’essor économique de leur communauté. Mais la précarité de plusieurs emplois et la fin abrupte de cette industrie auront de graves conséquences.

La belle époque des chantiers navals

Au milieu des années 1850, une vingtaine de chantiers navals sont établis de part et d’autre de la rivière Saint-Charles. De l’endroit où vous êtes, vous auriez cru qu’un seul vaste chantier occupait tout l’espace.

Hormis les fiers voiliers déjà terminés qui attendaient leur mise à l’eau, le décor était plutôt confus. Squelettes de navires en construction soutenus par de multiples perches emmêlées, quais, ateliers et maisons de travailleurs à proximité, immenses salles de traçage et tas de planches et de madriers, rails et lisses de lancement. Ces chantiers étaient une véritable ruche lors des principales étapes de construction. C’est pourquoi ils créaient autant d’emplois : scieurs de long, charpentiers, menuisiers, calfats, forgerons, fabricants de cordes, de voiles, de poulies, et autres.

De dures conditions de travail

Dans les meilleures années, environ 2 000 personnes œuvrent dans les chantiers de la rivière Saint-Charles. Ces ouvriers travaillent 70 heures par semaine, y compris le dimanche et les jours de fête. Sauf qu’environ 80 % d’entre eux sont en chômage six mois par année, ou les jours de mauvais temps.

Quand les commandes de navires diminuent dans cette industrie qui connaît des variations annuelles prononcées, des travailleurs sont mis à pied et les salaires sont réduits. La précarité de l’emploi rend la vie difficile. En décembre 1840, une grève tourne à l’émeute. Les propriétaires annulent temporairement la baisse de salaire annoncée. Mais deux ans plus tard, les ouvriers ne reçoivent plus que deux shillings par jour quand un gros pain se vend un demi-shilling.

Pour la majorité, les salaires sont bas, le travail est dur et les accidents sont fréquents.

Essor de la construction navale en bois

L’époque faste de la construction navale à Québec commence dans les années 1820, stimulée par le commerce du bois qui se développe à grande échelle avec le Royaume-Uni. Des constructeurs écossais et anglais comme John Munn ou John Goodie arrivent de Grande-Bretagne avec leurs ouvriers spécialisés et profitent de cette conjoncture favorable pour établir des chantiers sur les rives de la Saint-Charles.

L’Irlandais Thomas M. Oliver est le meneur des constructeurs avec 123 navires réalisés entre 1834 et 1877. Son chantier se trouvait juste à l’est du pont Dorchester. Le chantier de John Munn fils, deuxième constructeur quant au nombre de navires, était situé à côté. Il se démarque en 1833 en mettant à la disposition de ses employés des maisons en rangée en brique, semblables à celles des villes industrielles britanniques. Très différentes des habituelles petites maisons en bois des ouvriers, certaines sont encore debout, notamment au 255 de l’avenue Daulac, près d’ici.

La construction navale propulse le quartier Saint-Roch au rang de plus populeux de la ville en 1871, avec 25 000 habitants, soit cinq fois plus qu’en 1820. À l’apogée de cette industrie, entre 1850 et 1869, 2000 navires en bois sont construits à Québec.

La place des Canadiens français

Les premiers constructeurs canadiens-français apparaissent dans les années 1850, tels les Brunelle, Gingras, Rosa et Valin. Ils suivent les pionniers britanniques mieux pourvus en capitaux. Au total, l’apport des Canadiens français s’élève au tiers des navires construits. Le plus important d’entre eux, Jean-Élie Gingras, se classe au deuxième rang pour le tonnage (grosseur des navires).

Une fin abrupte

La construction des navires en bois connaît une baisse abrupte dans les années 1870 et cesse complètement dans les chantiers de la Saint-Charles en 1881. Le quartier Saint-Roch et toute la ville de Québec sont alors aux prises avec une grave crise économique.

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