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Édifice Lafayette

Images anciennes   Art public

Promesse tenue

À son inauguration, en 1960, la forme et les matériaux modernes de l’édifice Lafayette incarnent l’avenir prometteur du quartier Saint-Roch. À l’intérieur, le chic restaurant Lafayette fait aussitôt sensation. Les étages supérieurs répondront aux besoins en espaces à bureaux de la communauté d’affaires du quartier et de l’administration publique qu’on désire attirer. Le destin du Lafayette s’avèrera cependant bien différent de ce qu’on avait imaginé.

Le quartier des affaires

Dans les premières décennies du 20e siècle, le quartier Saint-Roch connaît un développement enviable. Les industries et les manufactures embauchent des milliers de travailleurs. Les grands magasins, les salles de spectacle, les cinémas et les restaurants attirent des gens de toute la région.

À la fin des années 1920, on construit sur le parcours des rues des Fossés et Charest un large boulevard pour faciliter la circulation automobile : le boulevard Charest, autour duquel se multiplient les projets. De hautes tours à bureaux pourraient y accueillir les sièges sociaux des grandes entreprises, dans un centre-ville moderne à l’américaine.

Un long intermède

Le krach boursier de 1929 et la longue dépression économique des années 1930 stopperont ces projets. La construction reprend après la Seconde Guerre mondiale. Des édifices de cinq étages en moyenne s’élèvent alors sur les terrains restés vacants depuis la construction du boulevard Charest.

En 1959-1960, l’ambitieux projet Lafayette annonce une nouvelle étape de développement dans Saint-Roch. Un jeune architecte, André Robitaille, revient tout juste de Paris où il a été formé aux nouveaux matériaux et aux plus récentes techniques de construction. Le Lafayette qu’il conçoit sera un modèle de modernité et de fonctionnalisme à Québec.

Haut de neuf étages, l’édifice a une structure de béton laissée à nu et ses côtés sont sans fenêtres. Mais l’avant et l’arrière sont recouverts de verre et d’aluminium. Ces deux murs-rideaux lui donnent une allure inédite et spectaculaire.

Le « Big Orange »

L’architecte ajoute une touche de fantaisie aux murs-rideaux en les garnissant de panneaux de béton orange qui vaudront au Lafayette le surnom de « Big Orange ». Une marquise en béton ondulée agrémente l’entrée et des murales abstraites aux formes géométriques signées Paul Lacroix ajoutent une touche d’audace à l’ensemble.

Au rez-de-chaussée, on trouve le chic restaurant Lafayette et au premier étage, un resto-club avec salle de réception et d’exposition. Dès leur ouverture, ils attirent la clientèle huppée des grands magasins du quartier Saint-Roch et connaissent un franc succès. Leur décor est aussi conçu par l’architecte Robitaille dans le même style que l’extérieur. Le reste de l’édifice est réservé à des bureaux.

Un revirement majeur

Coup du sort, la construction du Lafayette coïncide avec la phase de déclin la plus prononcée du quartier Saint-Roch. À compter de 1960, plusieurs résidents déménagent dans les banlieues plus aérées et plus tranquilles. Puis le gouvernement provincial décide de construire son centre administratif près du parlement, à la haute-ville. La fermeture de plusieurs grands magasins de la rue Saint-Joseph dans les années 1970 donne le coup de grâce.

L’immeuble sera occupé. Mais il demeurera dans l’ombre et longtemps solitaire.

Renaissance

Ce n’est qu’au début des années 2000 que le vieux projet d’établir un important quartier des affaires dans Saint-Roch voit le jour. Aujourd’hui, le réaménagement et la réorientation du secteur attirent de nombreuses entreprises.

L’édifice Lafayette a été rénové et rebaptisé Charles-E.-Rochette, en l’honneur du fondateur de la firme qui en est maintenant propriétaire. Il a perdu sa couleur orange originale mais il a finalement pris place dans un imposant ensemble d’édifices administratifs. Mission accomplie.

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Images anciennes


Art public

Sans titre (vue fragmentaire)

Paul Lacroix

1960

Édifice Lafayette, 585, boulevard Charest Est

Cette murale en céramique aux formes géométriques irrégulières emprunte la couleur bleue des tabliers des serveuses du restaurant Le Lafayette, qui occupait le rez-de-chaussée de l’édifice dans les années 1960. L’artiste a conçu dans le même esprit une murale intérieure.

Photo : © Paul Lacroix / SODRAC (2015)

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