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Lépine-Cloutier

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La vigueur d’un commerce intemporel

Germain Lépine, ébéniste de formation, établit son entreprise à cet endroit en 1845. Lui et sa femme en feront un succès. Pendant plus d’un siècle, leurs descendants et descendantes maintiendront la réputation d’excellence de l’entreprise familiale. Ils seront aussi au coeur des innovations entourant les pratiques mortuaires à Québec. Car si mourir a toujours été une certitude de la vie, les rituels entourant ce passage obligé ont beaucoup évolué.

Un artisan habile et entreprenant

À l’époque où les corps des défunts sont exposés et veillés pendant trois jours à leur domicile avant d’être portés en terre, Germain Lépine réalise ses premiers cercueils sur mesure chez l’ébéniste Vallières. Son travail est très apprécié et il commence à fabriquer des meubles et des cercueils à son compte. Un an plus tard, en 1845, il fonde sa propre entreprise. Sa femme, Suzanne Bourget, tient les cordons de la bourse.

Un créneau solide

En plus de fabriquer des cercueils, Germain Lépine offre des services mortuaires complets : sombres décorations qui donnent un air de deuil aux résidences, fleurs artificielles, bougies et voiture à cheval pour conduire le défunt au cimetière. Les familles ne lésinent pas sur la dépense.

Pendant la veillée du corps, le défunt est recouvert d’un tissu noir. Il repose nu sur une planche et ne sera habillé qu’au moment du transfert dans le cercueil, pour être ensuite conduit en cortège jusqu’au cimetière.

Bientôt, l’entreprise Lépine doit s’agrandir pour répondre aux besoins de toute la région. Elle ouvre une salle de présentation où sont exposés une dizaine de modèles de cercueils, dont les prix varient de 2 à 22 dollars.

Relève et innovations

Germain Lépine fils met l’épaule à la roue en 1863. Il fait notamment construire deux corbillards qui seront tirés par des chevaux blancs, les premiers à Québec : l’un noir pour les adultes, l’autre blanc pour les enfants qui décèdent en nombre trois fois plus grand.

Pour accommoder les notables, l’entreprise se dote en 1901 d’un corbillard d’apparat. Ce décorum est si apprécié que les corbillards à chevaux feront longtemps concurrence aux corbillards automobiles que la troisième génération de Lépine introduit en 1919.

Malvina Racicot, veuve de Germain Lépine fils, prend à ce moment la direction de l’entreprise pour une vingtaine d’années. C’est elle qui effectue la transition des voitures à cheval aux voitures automobiles. Elle met aussi sur pied un service d’ambulance. Toujours vêtue de noir, on l’appelle affectueusement la « reine Victoria ».

Embaumement et salon funéraire

Adélard Lépine réalise le premier embaumement à Québec en 1898. La pratique est lente à se répandre car plusieurs la considèrent comme un grave manque de respect à l’égard du défunt, comme une mutilation. Au début du 20e siècle, l’embaumeur effectue son travail à la résidence du défunt.

L’entreprise Lépine ne cesse de prendre de l’expansion à partir de ses locaux d’origine, carré Lépine, notamment à la haute-ville où Jules, de la quatrième génération, ouvre le premier salon funéraire à Québec en 1941. Les Lépine demeurent à l’avant-garde de cette nouvelle tendance qui consiste à embaumer et exposer les défunts dans des établissements spécialisés – les salons funéraires – regroupant tous les services sous un même toit. Cette pratique se généralise dans les années 1950.

Transfert de l’entreprise

La cinquième génération de Lépine fusionne l’entreprise familiale avec celle d’Arthur Cloutier en 1975. Puis Lépine-Cloutier ltée sera acquise par Urgel Bourgie, qui est aujourd’hui incorporée au Groupe Athos, toujours entre les mains d’intérêts québécois.

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