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Course de canot à glace du Carnaval de Québec

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Tout un défi

Par nécessité, les habitants de la Nouvelle-France circulaient parfois en canot d’écorce au milieu des glaces qui dérivent sur le fleuve en hiver. Ce mode de transport s’est développé au point qu’en 1894, lors du premier grand Carnaval d’hiver de Québec, une course de canot à glace entre Québec et Lévis a soulevé l’enthousiasme de la foule. Malgré les difficultés, un nombre croissant d’adeptes s’adonne aujourd’hui à ce sport extrême. 

Les canots d’écorce

Les immigrants français ont emprunté aux Amérindiens leur principal moyen de transport : le canot d’écorce, aussi léger que résistant. Cette embarcation était parfaitement adaptée à la navigation sur les rivières du Canada, ponctuées de rapides qui forçaient les voyageurs à transporter fréquemment leur canot sur le dos.

Écorce ou bois face à la glace ?

Au cœur de l’hiver, les Français imitèrent les Amérindiens et firent usage de leur canot d’écorce pour circuler sur le fleuve envahi de glaces. Ils le renforçaient de peaux de veau crues. Mais une embarcation plus solide s’impose bientôt : la pirogue creusée dans un tronc d’arbre, remplacée par de longs canots de bois plus performants. Bien que cette embarcation en bois soit plus lourde à tirer, elle glissait toujours à merveille sur la glace et filait dans l’eau, tout en s’avérant plus sécuritaire.

De valeureux passeurs

Au début du 19e siècle, les traversées du fleuve en canot à glace se généralisent entre Québec et Lévis. Ce métier pratiqué par des navigateurs, des débardeurs ou des agriculteurs qui accroissent ainsi leurs revenus pendant l’hiver, est très risqué. Il exige de l’adresse, de la force et une connaissance approfondie des courants, marées et conditions météorologiques. Les accidents ne sont pas rares, comme ce naufrage survenu en 1832 qui fait cinq morts parmi dix passagers d’un canot. Les survivants sont rescapés par d’autres canotiers dont le courage sera récompensé par une médaille. 

De tels actes de bravoure alimentent des légendes populaires que des artistes ont immortalisées. Le poète Louis Fréchette raconte que la tête fantomatique de Pitre Soulard, décapité par une glace tranchante pendant une tempête, apparaît aux voyageurs imprudents les soirs de brume et de poudrerie, flottant au-dessus des glaces.  

De l’utile à l’agréable

Fin 19e siècle, des bateaux à vapeur à coque de fer commencent à se frayer un chemin à travers les glaces du fleuve. Ils vont mettre fin aux activités des canotiers d’hiver entre Québec et Lévis.

En 1894, les organisateurs du Carnaval d’hiver de Québec décident de mettre à l’honneur ce métier en voie de disparition. La course de canot à glace compte parmi les activités phares de l’évènement. Une foule nombreuse se masse sur les deux rives pour encourager les quatre équipes de sept canotiers qui s’élancent de Lévis vers le bassin Louise. L’équipe du Lord Dufferin devance ses compétiteurs et rafle la bourse de 50 $.

Un sport extrême de plus en plus populaire

Il faut attendre le retour du Carnaval de Québec à l’hiver 1955 pour que cette course de canot à glace devienne annuelle et prenne une grande importance. Elle fera même des petits. Aujourd’hui, elle est la principale épreuve d’un circuit de compétitions se déroulant entre Montréal et l’Isle-aux-Coudres. Le traditionnel canot de bois a fait place à des embarcations en fibre de verre beaucoup plus légères qui rendent les courses plus spectaculaires et plus accessibles. Plusieurs équipes féminines pratiquent maintenant ce sport extrême. Car naviguer à la rame au milieu des glaces, du courant et du froid demeure un défi très exigeant. 

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