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Irlandais et rue McMahon

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Drame, intégration et reconnaissance

La façade de l’église de Saint-Patrick, rue McMahon, rappelle l’importance historique de la communauté irlandaise à Québec. La croix celtique installée quelques pas plus loin évoque un moment particulièrement tragique de leur histoire : la Grande Famine des années 1840 qui a provoqué leur exode massif et l’arrivée d’une centaine de milliers d’entre eux. Plusieurs de ces jeunes immigrants, orphelins, ont été adoptés par des Canadiens français.

L’église de Saint-Patrick

Vers 1830, les Irlandais catholiques de Québec sont assez nombreux pour réclamer leur propre lieu de culte. L’abbé Patrick McMahon, leur pasteur, voit son vœu exaucé en 1831. L’architecte Thomas Baillairgé dirige les travaux de construction de cette église, où les services catholiques seront dispensés en anglais. Sans surprise, elle est dédiée au patron des Irlandais : saint Patrick, et McMahon en est le premier curé.

Cette façade intégrée à un centre de recherche de l’Hôtel-Dieu de Québec a survécu à deux incendies majeurs qui ont détruit le reste de l’église, abandonnée depuis les années 1960.

La communauté irlandaise de Québec

La moitié de tous les immigrants qui débarquent à Québec dans les deux premières décennies du 19e siècle sont d’origine irlandaise. Ils sont principalement protestants et appartiennent aux couches aisées de la société. Mais le nombre de catholiques est tout de même élevé et sera en forte augmentation dans les décennies suivantes, au point que leur église sera agrandie à deux reprises, en 1853 et 1876. Cette seconde vague d’immigration est cependant bien différente de la première.

À compter de 1830, des journaliers agricoles catholiques quittent l’Irlande par milliers dans l’espoir de mener une vie meilleure à l’étranger. Ces travailleurs utilisent la totalité de leurs maigres économies pour payer leur traversée au Canada. Une fois rendus à Québec, ils s’établissent souvent en basse-ville, en particulier dans le quartier Champlain, et plusieurs travaillent dans le port comme débardeurs. Leurs conditions de travail sont si pénibles qu’ils formeront l’un des premiers syndicats ouvriers au Canada.

La tragédie de 1847

La plus forte migration se produit dans les années 1840. Les Irlandais fuient la terrible famine qui frappe leur pays à cause du mildiou, un parasite, qui dévaste les récoltes de pommes de terre, la base de leur alimentation. Au plus fort de cette Grande Famine, en 1847, près de 100 000 Irlandais s’embarquent pour le Canada. Malheureusement, plusieurs d’entre eux ne parviendront pas à destination.

Les conditions insalubres dans lesquelles ils voyagent, dans les cales de navires conçus pour transporter du bois, favorisent la propagation d’une grave épidémie de typhus. Plusieurs passagers décèdent durant la traversée et sont jetés par-dessus bord sans autre cérémonie. Puis tous font escale à la station de quarantaine de la Grosse Île, au large de Montmagny, où 5000 immigrants trouveront la mort.

La croix celtique érigée rue McMahon en 1997 a été offerte à la ville de Québec par le peuple irlandais. Elle souligne la générosité des familles canadiennes-françaises qui ont adopté des orphelins qui avaient perdu leurs parents pendant le voyage, un geste de solidarité ayant permis de rapprocher les deux communautés.

Un héritage méconnu

La communauté irlandaise est aujourd’hui bien moins nombreuse qu’elle l’était – elle constituait le quart de la population de Québec dans les années 1860. Mais de nombreux Québécois ont des ancêtres irlandais. Et des noms à consonance française, comme Mainguy, Riel ou Sylvain, cachent souvent une parenté irlandaise : ils sont liés aux McGee, Reilly et O’Sullivan.

L’héritage irlandais revêt par ailleurs plusieurs formes. La musique et la danse originaires d’Irlande, par exemple, comme la gigue et les reels de violon, sont maintenant intimement liées aux traditions québécoises.

Le défilé annuel de la Saint-Patrick dans les rues de Québec est également en voie de devenir une tradition. Les milliers de participants enthousiastes, peu importe leurs racines, montrent bien l’attachement profond des Québécois à la communauté irlandaise. 

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