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Maison Cirice-Têtu

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Maison bourgeoise, foyer de la vie intellectuelle

Érigée au milieu du 19e siècle selon les plans de Charles Baillairgé, un architecte qui marquera le paysage urbain de Québec, la maison du riche marchand Cirice Têtu est un bel exemple de l’architecture résidentielle la plus en vogue à Québec à cette époque. Cette demeure sera par la suite habitée par une famille d’intellectuels qui y recevra des personnages célèbres, dont une impératrice et le père d’un petit prince.

Une architecture de luxe

En 1852, le commerçant en gros Cirice Têtu retient les services d’un jeune mais prometteur architecte pour dessiner les plans de la résidence qu’il veut se faire construire dans ce secteur cossu de la haute-ville. Âgé d’à peine 26 ans, Charles Baillairgé n’en est pas à ses premières armes. Il a déjà conçu la première église de Saint-Jean-Baptiste de Québec, qui a depuis été remplacée par une autre. Il deviendra l’architecte le plus en vue de Québec, occupant notamment le poste d’ingénieur municipal durant une trentaine d’années.

Cirice Têtu est l’un des plus gros importateurs de Québec; il approvisionne entre autres de nombreux marchands ruraux. Sa fortune est telle que l’architecte jouit d’une rare liberté de création. La demeure que Baillairgé conçoit pour son client s’inscrit dans le style néogrec populaire aux États-Unis et en Grande-Bretagne. La riche ornementation de sa façade la distingue de ses voisines, surtout par le portail à colonnes et les larges fenêtres à montants de pierre. La façade est aussi agrémentée de motifs grecs classiques sculptés dans la pierre, tels que des guirlandes, des couronnes et des fleurs.

Le décor intérieur a fait l’objet d’une attention particulière de la part de l’architecte. Soucieux de l’unité stylistique de son œuvre, Baillairgé conserve la même inspiration néogrecque dans la décoration des pièces. Il a d’ailleurs dessiné lui-même les motifs ornant les larges moulures en plâtre qui courent le long des murs, ainsi que les cadrages en bois des portes et des fenêtres. 

Un lieu de rencontre

C’est dans ce décor luxueux que s’installe la famille De Koninck à la fin des années 1930. L’Université Laval vient d’engager Charles De Koninck, d’origine belge, comme professeur de philosophie. Avec son épouse Zoé, ils auront 11 enfants qu’ils élèveront dans cet environnement privilégié. Plusieurs d’entre eux joueront un rôle actif dans la société québécoise, notamment dans le domaine de l’enseignement. Le pavillon des Sciences humaines de l’Université Laval porte d’ailleurs le nom du patriarche de cette famille d’intellectuels.

Grâce à ses publications en philosophie et en théologie, Charles De Koninck acquiert une renommée internationale qui lui permet de développer un réseau de relations au sein de l’élite intellectuelle de l’époque. Sa demeure de l’avenue Sainte-Geneviève devient un lieu de rencontre fort apprécié. Il y reçoit des personnalités d’horizons variés, comme les écrivains Mgr Félix-Antoine Savard, Roger Lemelin et Gilles Vigneault, le politicien René Lévesque et la dernière impératrice d’Autriche, Zita de Bourbon-Parme, ainsi que son fils Rodolphe, tous deux exilés à Québec durant la Seconde Guerre mondiale.

Un visiteur de marque

En mai 1942, l’aviateur et écrivain français Antoine de Saint-Exupéry est invité à prononcer une conférence à Québec. Son passage remarqué dans la capitale est organisé par son ami et correspondant Charles De Koninck. Exilé aux États-Unis depuis plus d’un an, Saint-Exupéry aborde dans son allocution la situation difficile de la France pendant la guerre.

Après la conférence, un groupe d’intellectuels se réunit dans la maison des De Koninck, où Saint-Exupéry est hébergé pour quelques jours. L’écrivain se désintéresse bientôt de la conversation de ses confrères et rejoint les enfants avec lesquels il dessine et assemble des avions de papier. Une légende tenace veut que l’aîné des De Koninck, Thomas, ait inspiré à l’écrivain son célèbre personnage du Petit Prince, conte qu’il publie l’année suivante. Saint-Exupéry n’aura jamais l’occasion de le confirmer. Il sera porté disparu en 1944 lors d’une mission de reconnaissance aérienne près des côtes de Provence.

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25, avenue Sainte-Geneviève (La Cité-Limoilou)

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