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Maison Dauphine-Loyola

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Une vocation d’entraide

Longtemps laissée à l’abandon, la maison Loyola a subi dernièrement une cure de rajeunissement exemplaire qui lui a permis de retrouver son charme d’antan et sa vocation d’origine. Depuis 2012, les Oeuvres de la Maison Dauphine y accueillent les jeunes de la rue afin de favoriser leur réinsertion sociale. Deux siècles plus tôt, cet édifice abritait justement un organisme voué à l’éducation des orphelins et des enfants pauvres.

Une école pour les démunis

En 1819, le comité de bienfaisance Society for Promoting Christian Knowledge fonde à Québec une première école élémentaire pour les orphelins et les enfants démunis. L’initiative soutenue par l’évêque anglican de Québec, Jacob Mountain, émane de la communauté anglophone et s’adresse à celle-ci. La nouvelle institution s’inspire du modèle des écoles nationales gratuites en Grande-Bretagne, qui reposent sur l’aide que les élèves plus avancés apportent aux plus jeunes.

L’École nationale de Québec loge d’abord dans un ancien corps de garde, près de la porte Hope, rue Sainte-Famille, démolie au 19e siècle. Mais le comité désire se doter d’un édifice mieux adapté à ses besoins. L’un des membres, le marchand Benjamin Tremain, dessine alors les plans de l’immeuble qui sera érigé en 1823, sur ce terrain de la rue D’Auteuil cédé par le gouvernement du Bas-Canada. L’école sera rehaussée d’un étage et agrandie d’une annexe une vingtaine d’années plus tard afin d’accueillir une clientèle croissante et d’autres organismes de bienfaisance.

Le premier édifice néogothique à Québec

Le bâtiment conçu par Tremain se distingue par son style néogothique tout à fait nouveau dans le paysage de Québec. Inspiré des formes architecturales du Moyen Âge, ce style connaîtra une grande popularité au Canada, surtout auprès de la population d’origine britannique. Remarquez les fenêtres en forme d’ogive regroupées par trois et le portique à pignon percé d’une large ouverture en ogive. Ces caractéristiques sont typiques du style néogothique.

Le plan général de l’édifice demeure néanmoins fidèle aux règles de l’architecture classique, surtout par la disposition symétrique des fenêtres en façade et la position centrale du clocheton, sur le toit, dont le carillon marquait autrefois le début et la fin des classes.

Cent cinquante ans d’activités caritatives

L’édifice hébergera pendant près de 150 ans des organismes communautaires de confession anglicane, puis catholique : le Female Orphan Asylum, un orphelinat pour filles, le quartier général de l’association de secours mutuel Odd Fellows, puis l’Académie commerciale catholique des Frères des écoles chrétiennes. L’École nationale occupera la majeure partie des locaux jusqu’à sa fermeture en 1883.

En 1904, les Jésuites acquièrent l’édifice, car leur chapelle est située juste à côté, en haut de la côte. Ils la rebaptisent maison Loyola du nom de leur fondateur, Ignace de Loyola. Pendant plusieurs décennies, ils y administrent un centre social et culturel comprenant une salle communautaire et la bibliothèque de l’Apostolat des bons livres, qui respecte scrupuleusement l’Index des livres interdits par l’Église catholique. Durant la Première Guerre mondiale, les Jésuites partagent aussi leurs locaux avec la Société Saint-Vincent-de-Paul, qui y ouvre un lieu d’accueil et de soutien pour les soldats en garnison à Québec, le « Chez-nous du soldat ».

En 1969, l’édifice passe aux mains d’un commerçant qui le louera à divers établissements : école de danse, salle de spectacles et bars.

Retour à la mission d’assistance sociale

Une partie de la façade du bâtiment historique s’effondre en 2001 à cause d’un entretien déficient. L’édifice désormais placardé défigure ainsi une portion de la cossue rue D’Auteuil. Il faudra encore quelques années pour élaborer un projet de relance.

Enfin, grâce à la contribution majeure de la fondation Famille Jules Dallaire et à des fonds publics, le bâtiment fait l’objet d’une restauration complète de 2010 à 2012. L’œuvre jésuite de la Maison Dauphine prend possession des lieux restaurés afin de soutenir les jeunes sans-abri. Aujourd’hui, les jeunes de la rue peuvent y prendre des repas, y suivre un programme de raccrochage scolaire et se prévaloir de services juridiques et de santé. C’est un retour aux sources pour cet édifice ainsi qu’une renaissance exemplaire pour ce patrimoine bâti unique à Québec.

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