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Maison type du Vieux-Québec

Mariage des traditions françaises et anglaises

Cette maison sise au 14, avenue Saint-Denis représente bien les habitations construites dans le Vieux-Québec au 19e siècle. Contiguë à ses voisines, elle intègre des caractéristiques issues des traditions française et anglaise. La bourgeoisie canadienne-française de Québec apprendra à vivre dans ces résidences selon le mode de vie anglais, sans renier son héritage français. Cette architecture respecte également la situation particulière de la ville.

Une maison à l’anglaise

La maison la plus typique du Vieux-Québec apparaît vers 1815 dans la plus vieille partie de la ville : le Quartier latin (autour de la rue Couillard), avant de se répandre dans tout le secteur. Les Britanniques qui s’établissent à Québec à cette époque cherchent à reproduire le mode de vie qu’ils ont connu dans leur pays d’origine. Certaines pratiques léguées par le Régime français les rebutent, en particulier la vie en commun dans des maisons de chambres ou des maisons à appartements. Les mieux nantis se font donc construire des habitations unifamiliales dans un style inspiré de la maison londonienne.

Le type d’habitation auquel ces Britanniques sont habitués se multiplie à Londres après le terrible incendie qui ravage le tiers de la ville en 1666. Par la suite, on construit des maisons unifamiliales à deux ou trois étages regroupées autour de parcs carrés. À l’intérieur, un long vestibule donne accès à chaque pièce. Ce plan favorise l’intimité chère aux Britanniques.

Adaptations nécessaires

Ce modèle londonien sera transplanté à Québec avec quelques variantes. Les bourgeois francophones sont d’abord réticents à adopter les trois étages que comporte habituellement ce type de maison. Dans la tradition française, les maisons urbaines d’un étage sont associées à un certain dénuement. Alors que les immeubles de plus de deux étages abritent normalement deux familles ou plus, qui cohabitent dans une relative promiscuité. C’est pourquoi les premières maisons de type londonien érigées à Québec pour des Canadiens français n’ont que deux étages, bien que celles à trois étages deviendront la norme.

L’étroite et profonde maison de type londonien s’élève un peu en retrait de la rue pour éviter les regards indiscrets des passants. L’écurie privée est accessible par une ruelle aménagée à l’arrière. Mais ces caractéristiques ne peuvent être reproduites sur les lots de Québec qui sont peu profonds, à la manière française. Les façades des habitations du Vieux-Québec sont donc alignées sur le bord de la rue et le rez-de-chaussée est surélevé pour préserver l’intimité des occupants. Il faut monter quelques marches pour accéder à la porte d’entrée, protégée par un petit portique. L’absence de ruelle à l’arrière est compensée par une porte cochère en façade qui donne accès à la cour et à l’écurie.

D’autres particularités

Contrairement au modèle londonien, les maisons du Vieux-Québec présentent des portails souvent très ornés. En façade, la porte est habituellement alignée sur la hauteur des fenêtres du rez-de-chaussée. Elle a une forme allongée et est fréquemment surmontée d’une fenêtre éclairant le portique et le vestibule intérieur.

Les habitations du Vieux-Québec se distinguent encore par leur toiture en pente. Car le toit plat des maisons londoniennes risquerait de s’effondrer sous le poids de la neige. Comme les Québécois ont conservé l’habitude française d’habiter les combles, les architectes privilégient ici le toit à deux versants, parfois percé de lucarnes pour assurer un meilleur éclairage et une bonne ventilation.

Enfin, puisque l’ardoise et la tuile utilisées à Londres résistent mal aux températures froides, les architectes de Québec leur préfèrent la tôle. Ils maintiennent aussi la pratique française d’insérer les cheminées dans les hauts murs mitoyens qui séparent les maisons, comme dispositifs coupe-feu.

Une architecture québécoise unique

La maison typique du Vieux-Québec se développe tout au long du 19e siècle jusqu’à acquérir une identité qui lui est propre, issue du métissage des cultures française et britannique. Dans un concept unique, elle combine les traditions architecturales du Régime français et l’art de vivre importé du Royaume-Uni en une variante adaptée au climat de Québec.

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