Québec, l'accent d'Amérique
Menu Profil Recherche

Patrimoine

Accueil > Culture et patrimoine > Patrimoine > Toponymie - Répertoire des toponymes > Fiche du toponyme

Fiche du toponyme

René-Lévesque

boulevard

8 septembre 1992

Montcalm; Saint-Jean-Baptiste; Saint-Sacrement

La Cité-Limoilou

Saint-Cyrille , boulevard et rue

boulevard

7 et 17 décembre 1992

Cité-Universitaire; Sillery

Sainte-Foy–Sillery–Cap-Rouge

Gomin , chemin ; Gouverneurs , avenue des ; Saint-Cyrille , boulevard

Originaire de New Carlisle, en Gaspésie, René Lévesque (1922-1987) est premier ministre du Québec de 1976 à 1985. Après des études en droit à l'Université Laval, Lévesque entreprend une carrière journalistique : il est correspondant de guerre en Europe à la fin de la Deuxième Guerre mondiale et, par la suite, journaliste à la société Radio-Canada. Puis il fait le saut en politique active et se fait élire député libéral à l'Assemblée législative en 1960. Les libéraux de Jean Lesage sont au pouvoir et c'est le début de la Révolution tranquille dont René Lévesque sera l'un des piliers. En tant que ministre des Richesses naturelles (1961-1966), sa réalisation majeure dans le cabinet Lesage sera la nationalisation de la production et de la distribution de l'électricité au Québec, au profit de la société publique Hydro-Québec. Lévesque quitte le Parti libéral en 1967 pour fonder le Mouvement Souveraineté-Association, qui devient le Parti québécois l'année suivante et dont il est le premier président. Après avoir été défait aux élections générales de 1970 et 1973, il prend le pouvoir le 15 novembre 1976 et dirige le premier gouvernement souverainiste de l'histoire du Québec, réélu en 1981.

Pendant son premier mandat, le gouvernement Lévesque fait adopter par l'Assemblée nationale des textes législatifs majeurs : la loi sur le financement des partis politiques, la loi sur l'assurance-automobile, la loi sur le zonage agricole et, surtout, il adopte la Charte de la langue française, communément appelé « 101», qui fait du français la seule langue officielle du Québec. En 1980, le gouvernement demande, par référendum, le mandat de négocier la souveraineté-association avec le reste du Canada : sa proposition est rejetée à 59 pour cent. La crise économique et l'accroissement du chômage marquent le deuxième mandat du gouvernement Lévesque. La victoire du Non au référendum entraîne en 1981-1982 le rapatriement unilatéral de la constitution canadienne, auquel le Québec refuse de s'associer. En 1985, Lévesque démissionne et quitte la vie politique. Une statue de René-Lévesque se dresse sur la pelouse de l'hôtel du Parlement, à Québec face au boulevard qui porte son nom.

Anciens toponymes
Le 6 février 2006, dans le cadre de l'harmonisation des noms de rues, rendue nécessaire par le regroupement municipal du 1er janvier 2002, une partie de l'avenue des Gouverneurs a changé de nom pour celui de boulevard René-Lévesque. Le boulevard René-Lévesque, qui dessert les arrondissements de La Cité-Limoilou et de Sainte-Foy–Sillery–Cap-Rouge, a d'abord porté le nom de boulevard Saint-Cyrille. Dans l'ancienne ville de Sainte-Foy, le nom de boulevard Saint-Cyrille avait été adopté le 2 avril 1951 pour désigner une partie du chemin Gomin.

La toute première mention d'une rue Saint-Cyrille dans un document remonte à l'année 1898. À cette époque, la rue Saint-Cyrille ne s'étendait que de la rue de Claire-Fontaine à De Salaberry, dans l'arrondissement de La Cité. Elle connaîtra au 20e siècle de très nombreux prolongements jusqu'à devenir le long boulevard que l'on connaît aujourd'hui.

On a soutenu autrefois que le nom de Saint-Cyrille faisait référence à un dénommé Cyrille Kirouac dont la compagnie aurait divisé en lots à bâtir les terrains bordant la rue Saint-Cyrille d'origine. Cette hypothèse est maintenant écartée, car il est prouvé que ce sont les Augustines Hospitalières de l'Hôtel-Dieu qui les ont divisés. Le nom de Saint-Cyrille évoquerait plutôt l'un des trois saints Cyrille de la tradition chrétienne. Saint Cyrille de Jérusalem (313 ou 315-386), devenu évêque de cette ville en 356, est chassé à plusieurs reprises par les ariens et ne reprend possession de son siège qu'en 378. Cyrille de Jérusalem sera l'un des grands adversaires de l'arianisme et défendra la foi de Nicée au concile de Constantinople (381). Pour sa part, saint Cyrille d'Alexandrie (376 ou 380-444) est le patriarche de cette ville et le père de l'Église grecque. Il combat le nestorianisme qu'il fait condamner au concile d'Éphèse (431). Le troisième saint Cyrille dit le Philosophe ou saint Cyrille de Salonique (827 ou 828-869) est, avec son frère Méthode, l'évangélisateur des Slaves. Les deux frères introduisent le christianisme en Dalmatie, en Hongrie, en Pologne et en Crimée et traduisent la Bible et les livres liturgiques en langue slave. Selon la tradition, Cyrille est l'inventeur d'un alphabet approprié dit « glagolitique », qui simplifié, deviendra l'alphabet cyrillique.

Sources

La Cité : Règlement 3923, 8 septembre 1992; Règlement 513, 30 décembre 1942; Règlement 1304, 14 février 1963 et divers règlements datant de 1964 (prolongements); Ville de Québec. Guide odonymique de la ville de Québec 1608-1988, 1989; Rapport du comité des Chemins du 11 octobre 1898, plan de Émile Lefrançois daté du 29 novembre 1898 et contrat de cession du 7 mars 1899, AVQ (rue Saint-Cyrille); Le Petit Robert des noms propres, 2000; Le Petit Larousse illustré, (saint Cyrille); Assemblée nationale, Direction des communications. Les Premiers ministres du Québec, Québec, 1996, p. 45; Dictionnaire canadien des noms propres, Larousse Canada, 1989, p. 382-386; Commission de la capitale nationale du Québec. Je me souviens : les monuments funéraires des premiers ministres du Québec, 1999, p. 32; Commission de toponymie. Noms et lieux du Québec : si chaque lieu m'était conté, 1997, cd-rom.

Sainte-Foy-Sillery : Règlement R.V.Q. 1012 - Règlement sur le changement du nom de certaines rues, 6 février 2006; Résolution municipale 92-294 de la ville de Sillery, 7 décembre 1992; Résolution municipale 42,471 de la ville de Sainte-Foy, 17 décembre 1992; Règlement V-19 de la Ville de Sainte-Foy, 2 avril 1951; Dussault, Clément-T. Guide toponymique de Sillery, Archives de la ville de Sillery, 1985; Ville de Sainte-Foy. Normalisation des odonymes. Annexe B - Historique de chacun des noms de rues de la Ville de Sainte-Foy, 1993; Ville de Sainte-Foy. Division des Archives. Index des noms de rues - Sainte-Foy, 2001; Côté, Alain, Société d'histoire de Sainte-Foy. Odonymes de la ville de Sainte-Foy et date d'apparition, 1991; Lessard, Michel, avec la coll. de Jean-Marie Lebel et Christian Fortin. Sainte-Foy : l'art de vivre en banlieue au Québec : du temps des seigneuries à l'aurore du XXIe siècle, Éd. de l'Homme, Montréal, 2001, p. 106.

Partagez cette page :

© Ville de Québec, 2017. Tous droits réservés.