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Québec, ville intelligente

Résultats recherchés

Question 4 – Résultats recherchés

Notre proposition pour le Défi des villes intelligentes repose sur ce constat tiré du rapport Comprendre et agir autrement pour viser l'équité en santé dans la région de la Capitale-Nationale, produit par le Directeur régional de santé publique en 2012 : « Les inégalités sociales de santé sont reconnues comme étant un problème de santé publique majeur… La nécessité de réduire les écarts de santé ne fait plus de doute… Les inégalités sociales et les inégalités de conditions de vie n'ont rien de naturel. Elles résultent de choix de société, … de politiques économiques et sociales. »

Ce rapport est issu d'un vaste processus de consultation auquel ont pris part des scientifiques, des professionnels du domaine de la santé publique, des acteurs du réseau de la santé, des services sociaux et du milieu communautaire, une diversité de clientèles vulnérables, des intervenants du milieu, des citoyens ainsi que des représentants des milieux gouvernementaux et municipaux.

Par ce projet, la Ville de Québec est en mesure de devenir une référence en ce qui a trait au bien-être de sa population. Bien qu'elle soit déjà très innovante, attractive et constitue un lieu de vie agréable, lorsqu'il est question d'inégalités sociales dans la capitale, les statistiques de la Santé publique sont éloquentes. À titre d'exemples :

  • Pour la période 2004-2008, l'écart entre l'espérance de vie d'un homme habitant la Basse-Ville et celle d'un autre habitant la Haute-Ville est de 7,1 ans;
  • Pour la période 2004-2008, le taux de mortalité avant 75 ans pour les hommes vivant en milieu défavorisé est 2,4 fois plus élevé que pour les hommes vivant en milieu favorisé;
  • Pour la période 2004-2008, le nombre des bébés de faible poids à la naissance est 40 % plus élevé en milieu défavorisé que dans les milieux mieux nantis;
  • Au recensement de 2006, dans la ville de Québec, les immigrants présentent un revenu médian inférieur de 22 % à celui de la population totale;
  • Au recensement de 2006, le taux de chômage des Autochtones dans le district de recensement de Québec était de 11,4 % comparativement à 5,1 % chez les non-Autochtones.

Les activités de consultation menées par la Ville confirment que les citoyens reconnaissent l'importance de favoriser les actions ayant un impact positif sur la santé. Ainsi, entre 2015 et 2017, six consultations citoyennes reliées à la santé et au mieux-être ont amené plus de 14 500 personnes à nous manifester leur intérêt et à commenter nos projets. Les commentaires recueillis ont confirmé la pertinence des objectifs poursuivis par la Ville.

En plus de la consultation, diverses mesures sont en application à la Ville de Québec pour faciliter la prise de décisions éclairées et poser des gestes qui contribuent à améliorer la santé et le bien-être des citoyens. Par exemple :

  • Avec l'évaluation de l'impact en santé (EIS) de nos projets à partir de déterminants sociaux, la Ville amorce un véritable changement de culture dans ses façons de faire. En permettant l'analyse en amont des impacts d'un projet et l'instauration de mesures de mitigation, l'EIS place réellement le citoyen et ses besoins au centre de ses actions.
  • En 2017, la Ville a participé à la mise en place d'un projet d'apiculture urbaine, en collaboration avec un organisme du milieu, Alvéole. En plus de poser un geste en faveur de l'environnement, le projet a eu un impact direct sur nos populations plus vulnérables, puisque le Club des petits déjeuners de Québec a reçu 50 % de la production de miel.

Plus récemment, soit du 15 mars au 9 avril 2018, la Ville de Québec a mandaté l'organisme Votepour.ca afin de comparer les populations de certains quartiers quant à leurs perceptions et expériences face à différents enjeux liés à la santé publique et communautaire.

Des écarts notables ont été constatés entre les perceptions des résidants de la Haute-Ville et de la Basse-Ville sur les enjeux de santé durable.

Des exemples des constats :

  • Pollution de l'air (38 % des répondants en Basse-Ville s'en plaignent contre 17 % en Haute-Ville);
  • Criminalité, violence et particulièrement vandalisme (32 % des répondants en Basse-Ville s'en plaignent contre 8 % en Haute-Ville);
  • Vulnérabilité alimentaire (75 % des répondants en Basse-Ville s'en plaignent contre 27 % en Haute-Ville);
  • Logement (62 % des répondants en Basse-Ville s'en plaignent contre 40 % en Haute-Ville);
  • Intégration sociale (49 % des répondants en Basse-Ville s'en plaignent contre 18 % en Haute-Ville);
  • Détresse parentale (44 % des répondants en Basse-Ville s'en plaignent contre 13 % en Haute-Ville).

Certains enjeux ont fait l'objet de commentaires et de suggestions de la part des répondants, avec ou sans différence significative entre les quartiers :

  • L'accès à un logement abordable. Les logements sociaux et les coopératives sont identifiés comme solutions potentielles;
  • L'accès à la nourriture. Les cuisines collectives sont nommées comme étant des solutions;
  • L'accès à l'emploi, particulièrement en Basse-Ville;
  • L'amélioration du transport en commun et de la mobilité, surtout pour les personnes à mobilité réduite;
  • L'accès à des lieux de rencontre, pour briser l'isolement et favoriser l'intégration sociale;
  • Les aménagements et activités extérieures, pour réduire les inégalités;
  • Le soutien aux jeunes familles.

Grâce à la mise en place en 2014 d'une organisation transdisciplinaire, l'Alliance santé Québec (AsQ), la grande région de Québec est parvenue à rassembler et mobiliser les parties prenantes clés que sont la Ville de Québec, le réseau de la santé et des chercheurs du réseau de l'Université Laval de 15 facultés autour du concept visionnaire et porteur de la santé durable. Cette démarche vise le développement durable et un véritable projet de société qui va créer une économie et une santé durables pour les générations futures de tout âge à Québec. Aucune autre région du Canada n'est aussi avancée dans le développement d'une « infrastructure sociétale » qui permettra de croiser expertises et données de toute provenance afin de prendre en main des enjeux de société en matière de santé durable, et ce, avec et pour la population de la ville de Québec.

Ainsi, en misant sur le savoir des chercheurs universitaires, l'engagement des partenaires institutionnels et d'affaires déjà réel, l'expérience de nos citoyens, l'immense potentiel des nouvelles technologies et l'expertise de notre personnel, nous sommes maintenant prêts à lancer un projet ambitieux qui s'inscrit dans la lignée des mesures innovantes mises en place à la Ville de Québec dans la dernière décennie. Ce projet s'inscrit donc parfaitement dans une démarche de ville intelligente puisqu'il place le citoyen au cœur des priorités, fait appel aux composantes sociales, économiques et environnementales de l'écosystème de la ville intelligente et utilise la puissance des outils numériques pour aller plus loin.

Par la réalisation du projet Les inégalités sociales en santé : comprendre et intervenir autrement, la Ville de Québec vise à :

  • Aplanir les écarts importants et les inégalités sociales constatées pour une optimisation de la santé durable sur tout son territoire. Dans un contexte de vieillissement de la population, une telle démarche est essentielle. En agissant de la sorte, la Ville placera le bien-être et la santé du citoyen au centre de ses décisions et actions, ce qui est au cœur de toute démarche de ville intelligente;
  • Mieux orienter ses décisions, ses programmes et ses politiques par une prise de décision éclairée et réfléchie, basée sur l'intégration de données issues de nombreuses sources actuelles et surtout nouvelles;
  • S'adjoindre un partenaire-clé, l'Université Laval, qui, avec tout le potentiel de sa force en recherche (6e université de recherche au Canada) et son expertise reconnue dans le dossier des communautés intelligentes, l'orientera et la soutiendra dans l'ensemble du processus et travaillera de concert avec ses partenaires universitaires, institutionnels et d'affaires;
  • Intégrer les facteurs de santé et de bien-être aux processus d'analyse et de décision des actions municipales;
  • Impliquer davantage ses citoyens comme partie prenante dans l'identification de ses priorités d'action, le choix de moyens et la mesure de leur efficacité afin d'améliorer de façon notable leur santé et leur bien-être;
  • Travailler de concert avec la population autochtone, qui occupe une place importante au sein de la communauté.

Les nouvelles technologies nous offrent la possibilité de développer des outils d'aide à la décision centrés sur la réalité et les besoins des citoyens, en plus de maximiser les possibilités d'interaction entre la Ville et sa population. La plupart de ces outils n'en sont actuellement qu'à un stade embryonnaire de développement dans la ville et dans le cadre de ce projet, nous visons à améliorer ceux qui existent, au bénéfice de la collectivité.

Pour atteindre ses objectifs, la Ville souhaite mettre en œuvre un ensemble d'activités et de projets, dont :

  • Cartographie et évaluation des interventions communautaires en place avec les groupes concernés grâce à la plateforme collaborative PULSAR, afin d'en arriver à mesurer en temps quasi réel le succès de différentes initiatives et les défis à relever;
  • Modélisation de l'environnement urbain avec un modèle 3D à haute résolution par l'entremise de la technologie LIDAR pour permettre l'analyse géoréférencée de différents éléments pouvant contribuer ou nuire à la santé ou au bien-être des citoyens, tels que l'offre alimentaire, la qualité de l'air, la pollution sonore, les ilots de chaleur ou de fraîcheur, les aménagements municipaux, l'accessibilité…, facilitant ainsi des choix pertinents et des correctifs environnementaux appropriés;
  • Extension du réseau de capteurs municipaux (bruit, pollution, chaleur, etc.) pour surveiller en temps réel divers paramètres importants;
  • Collecte des besoins en parcs, espaces verts, places publiques et environnements accessibles pour tous afin de favoriser le vivre-ensemble et briser l'isolement ou pour régler des problèmes particuliers sur les sites municipaux (vandalisme…) par la mise en place d'outils de participation publique comme des applications mobiles permettant de recueillir l'information en temps réel;
  • Expansion de PULSAR en développant les portions adaptées aux besoins de la Ville et de ses citoyens pour la collecte, le croisement et le partage de données. À terme, cet outil pourrait être transposable dans d'autres contextes et utilisable dans d'autres villes canadiennes afin d'y promouvoir, surveiller et implanter de réelles pratiques en santé durable. Les besoins canadiens sont grands et les coûts en santé explosent partout, notamment avec le vieillissement de la population;
  • Partage avec la Ville de Nice et l'Université Côte d'Azur, (partenaire privilégié de l'Université Laval) de pratiques novatrices en santé environnementale, données massives, intelligence artificielle et ville intelligente;
  • Révision du processus de consultation publique;
  • Amélioration de la Politique d'habitation;
  • Suivi de l'offre et des habitudes alimentaires des citoyens, entre autres grâce au partenariat avec l'Observatoire de la qualité de l'offre alimentaire de l'Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels (INAF). Celui-ci vise à mettre en place des projets sur la disponibilité de l'offre alimentaire et le comportement des acheteurs;
  • Création de technologies pour améliorer la mobilité et l'accessibilité dans la ville avec le Relais des mobilités (une initiative internationale où la Ville agira comme l'un des laboratoires urbains) et MobiliSIG, qui permet le calcul des meilleurs trajets pour le déplacement des personnes à mobilité réduite par la modélisation 3D;
  • Mise en place de bornes citoyennes pour connaître leur perception de leur bien-être;
  • Bonification du processus d'évaluation d'impact en santé (EIS) et création d'un outil de suivi pour chacun des projets d'aménagement sur le territoire;
  • Élaboration d'un outil d'aide à la décision : un instrument de partage avec la collectivité pour bien comprendre, visualiser et cerner les problématiques liées à la santé et au bien-être citoyen;
  • Production d'une grille de critères facilitant et justifiant la prise de décision à l'intention des instances décisionnelles et des équipes de planification.

À l'aide, entre autres, des indicateurs de mesure suivants, nous pourrons vérifier la progression réalisée dans l'atteinte des résultats :

  • Accroissement de la participation du public en amont du processus décisionnel;
  • Augmentation de la satisfaction des citoyens quant à l'offre alimentaire favorable à l'amélioration de la santé dans les quartiers où le besoin a été identifié;
  • Amélioration de la sécurité alimentaire chez nos populations vulnérables;
  • Augmentation du nombre d'équipements municipaux (parcs, jardins communautaires…) situés à une distance de marche de 10 minutes dans les quartiers où le besoin a été identifié;
  • Augmentation du nombre d'initiatives citoyennes en agriculture urbaine;
  • Augmentation de la satisfaction des personnes ayant des restrictions à la mobilité quant à la facilité de déplacement dans la ville;
  • Augmentation d'année en année du bien-être citoyen (mesures à partir des bornes);
  • Réduction de l'écart de l'espérance de vie entre des territoires de la ville de Québec.

Les nouvelles technologies nous permettent d'être ambitieux et de revoir nos modes de planification, pour adopter un modèle qui répondra davantage, grâce à la technologie, aux besoins des citoyens.

D'ores et déjà, nous savons que les constats et souhaits exprimés par les citoyens ainsi que par les milieux universitaires et de la santé nous poussent dans cette direction de l'amélioration de la santé et du bien-être. La demande est claire et la volonté de la Ville d'y répondre est bien réelle.

Pour réduire les inégalités sociales, dont l'écart de l'espérance de vie, deux conditions de base sont essentielles :

  • Opérer un important changement de culture collectif dans notre manière de créer des environnements physiques et sociaux;
  • Bénéficier de technologies de pointe pour recueillir, analyser, simuler, intégrer et exploiter les données ou rétroagir dans un processus d'amélioration constant afin de faire les meilleurs choix au bénéfice de la population.

L'analyse de données massives et d'intelligence artificielle permettra non seulement une analyse plus fine et plus complète des problématiques, mais également le développement d'outils de mesure prédictifs et prospectifs qui aideront les décideurs à anticiper et documenter en amont les impacts des différentes interventions qu'ils pourraient vouloir mettre en place au bénéfice de la population.

La Ville de Québec est déjà un laboratoire urbain vivant avec son programme novateur de vitrines technologiques, qui permet aux entreprises et aux centres de recherche de l'agglomération d'expérimenter leurs produits ou procédés innovants dans des situations réelles. De plus, la création en 2015 de l'Unité mixte de recherches en sciences urbaines (UMRsu), qui regroupe des acteurs du monde des affaires, de l'administration publique et du milieu universitaire, constitue un réseau de recherche et d'innovation au service du développement des villes intelligentes et durables.

Par ailleurs, la Ville de Québec a réalisé, au cours des dernières années, un changement de culture exceptionnel par le biais du Projet K (2012 à 2018). Ce projet a permis à la municipalité d'accroître de manière exponentielle sa résilience au regard de situations d'exception et de mesures d'urgence en sécurité publique et civile. Avec sa thématique du Faire face ensemble, toutes les parties prenantes ont été mises à contribution pour permettre à la Ville d'être exemplaire dans sa capacité à se préparer, intervenir et se relever lors d'événements inhabituels.

En présence de ces leviers déjà acquis et en devenir, nous sommes convaincus de l'impact positif de ce projet de société qui opérera certainement une différence importante pour la collectivité d'ici au chapitre de la santé durable et du bien-être et en inspirera certainement d'autres à l'échelle canadienne.