Le grand départ
À la recherche de richesses et d’une nouvelle route vers l’Asie, Jacques
Cartier quitte Saint-Malo en mai 1535. Avec lui, 110 hommes d’équipage et
3 navires, la Grande Hermine, la Petite Hermine et l’Émérillon.
Septembre 1535, il s’installe aux abords de la rivière Sainte-Croix (aujourd’hui
Saint-Charles), un havre naturel idéal pour jeter l’ancre. Mais l’hiver est dur,
et 25 de ses hommes meurent du scorbut. Les autres ont la vie sauve grâce à l’annedda,
une tisane préparée par les Amérindiens qui habitent tout près, à Stadaconé.
Stadaconé

Débarquement de Jacques Cartier à Stadaconé.
Gravure : « The Landing of Jacques Cartier at Stadacona », Archives
de la Ville de Québec
De 500 à 800 habitants vivent dans cette bourgade iroquoienne à l’intérieur
de maisons longues (de 25 à 30 mètres sur 6 mètres). Chacune abrite jusqu’à
neuf familles, soit une quarantaine de personnes. En plus de chasser et de
pêcher, ces Amérindiens cultivent maïs, courges et haricots. La superficie
totale du village correspond environ à un terrain de football (5 000 mètres
carrés).
Un ou des Stadaconé?
Depuis plus d’un siècle, historiens et archéologues cherchent l’emplacement
du village décrit par Cartier. Certaines hypothèses avancent que les
Stadaconéens l’auraient déplacé au moins 12 fois entre 1300 et 1535,
notamment pour assurer la régénération des sols. Stadaconé n’aurait donc pas
une cachette unique! Mais où chercher? Après avoir envisagé une localisation
en haute-ville, on privilégie maintenant la basse-ville.
Espoirs et échecs

En 1541, Jacques Cartier tente en vain de fonder une colonie près de
Stadaconé.
Archives de la Ville de Québec
Cartier revient en
1541, désireux d’établir une colonie. Il s’installe cette fois à
l’embouchure de la rivière Cap-Rouge. L’explorateur fait construire deux
forts, l’un sur la grève, l’autre sur le cap. Il nomme l’endroit
Charlesbourg- Royal. Hiver difficile, maladies et hostilités avec les
Amérindiens le forceront à rentrer en France en 1542.
Cette même année, Jean-François de La Roque de Roberval arrive à son tour
avec 200 hommes et femmes. S’établissant sur le site délaissé par Cartier,
Roberval le renomme France-Roy. Il consolide le fort du cap, formé de deux corps
de logis, d’une grosse tour et d’un bâtiment long d’environ 15 mètres, avec
four, poêle et moulins. Mais comme celle de son prédécesseur, sa tentative de
colonisation échoue. Il repart en 1543.
Déterrer le passé
On a longtemps cherché les traces de ces deux tentatives de colonisation.
Le miracle s’est produit en 2005: un archéologue découvrait alors des
artefacts associés aux établissements de Cartier et de Roberval érigés sur
le cap.