Biographie
Né le 15 août 1867 à Saint-Michel de Bellechasse, Eugène Lamontagne est le fils de Ferdinand Lamontagne, cultivateur, et de Marie Sylvain.
On ne sait exactement à quel moment Eugène Lamontagne arrive à Québec, mais il se lance rapidement en affaires. Lors du recensement de 1891, il est chambreur à Québec et déclare le métier de commerçant de lard. Le 21 mai 1894, il convole en justes noces avec Léa Lemay à l’église Saint-Roch de Québec. Au recensement de 1901, le couple réside dans ce quartier et a déjà quatre enfants. La famille comptera éventuellement six fils et une fille.
Dès 1903, Eugène Lamontagne s’occupe du développement du Domaine Lairet, à Saint-François d’Assise et vers 1906, il s’associe formellement à Eugène Leclerc, maire de Limoilou et agent d’assurances, pour former Leclerc et Lamontagne Ltée. Les deux associés acquièrent de nombreux lots agricoles au nord de l’ancien faubourg Stadacona afin d’y planifier le développement du domaine Lairet, qu’ils entrevoient comme « l’un des plus beaux ornements de Québec », comme le rapporte la presse de l’époque. Le projet immobilier du Domaine Lairet est officiellement lancé en 1909. Leclerc et Lamontagne y vendent des terrains de 25 pieds de large par 80 pieds de profondeur sur lesquels les acheteurs sont incités à se faire construire des duplex. En un rien de temps, une centaine d’habitations sont construites à proximité ou sur les rives de la rivière Lairet.
Outre cet important développement immobilier, Eugène Lamontagne brasse de nombreuses affaires dans la région de Québec. C’est à lui qu’est confié le contrat de déblayer les ruines du pont de Québec après le tragique effondrement de la travée centrale en 1907. De 1910 à 1912, il occupe la fonction de conseiller municipal représentant de Limoilou au conseil de ville de Québec. Le recensement de 1911 le présente comme un agent d’immeubles et, dix ans plus tard, il est identifié comme courtier.
Au cours de sa vie, il sera président ou directeur de plusieurs compagnies de matériaux de construction, de vente et de courtage immobilier. Le 23 novembre 1906, il s’incorpore à Joseph Alphonse Côté, George W. Parent, Alfred A.J. Gingras, Joseph Samson et Joseph Alfred Plante pour former la Canada Cement Construction Company. Le 18 novembre 1909, il forme une association avec Louis Létourneau, Napoléon Boivin, Aimé Auger, Jean-Eugène Lamontagne et Joseph Samson pour créer la Automatic Wood Box and Turning Company. À l’automne 1909, plusieurs publicités dans les journaux annoncent la vente de lots à bâtir dans le Parc St-Valier, géré par Lamontagne & Samson. Le 14 septembre 1912 est créée la Lyster Wood Box Turning Enameling Company Limited, née de l’association d’Eugène Lamontagne, Hubert Moisan, Théodore Leclerc, Joseph Samson et Joseph Napoléon Beaumont. Peu après, le 12 septembre 1913, c’est au tour de la Parc Saint Malo Ltée d’être incorporée par Eugène Lamontagne, Gustave Proteau, Philémon Vallière, Victor Ménard et Bernadin Proteau. Le 20 décembre 1921, une autre incorporation lie Eugène Lamontagne à Gustave Proteau et Philémon Vallière pour opérer La Compagnie d’Habitations St-Malo.
Il faut noter qu’à cette époque, il est toujours marié à Léa Lemay, mais le couple a prudemment opté pour un régime de séparation de biens, une manière de mettre les finances de chacun à l’abri des aléas du marché tout en protégeant le patrimoine familial.
Parallèlement à la gestion de ses entreprises, Eugène Lamontagne agit à l’occasion comme expert en expropriations pour la ville de Québec et pour diverses compagnies de chemins de fer. Très impliqué dans la vie communautaire et religieuse de Limoilou, il sera également marguillier de la paroisse de Saint-François d’Assise qu’il a contribué à fonder.
Anecdote amusante, il fait partie de la toute première traversée du parc des Laurentides en automobile, le 7 septembre 1927. Dans le véhicule se trouvent Joseph Samson, député de Québec-Centre et ancien maire de la ville de Québec, Eugène Lamontagne et ses deux fils aînés. Une délégation de dignitaires du Saguenay–Lac-Saint-Jean va même attendre les courageux voyageurs à l’issue d’un voyage qui aura duré près de huit heures : l’exploit est célébré dans les journaux!
Eugène Lamontagne meurt le 31 mai 1941 à l’âge de 74 ans et 9 mois. Il est inhumé au cimetière Saint-Charles.
source de l'image : Action catholique, 2 juin 1941.
SOURCES
Recensements du Canada de 1881, 1891, 1901, 1911 et 1921.
« Avis », Gazette officielle du Québec, no 48, samedi 1er décembre 1906, p. 1724-1725.
« La Canada Cement. Une industrie qui promet », L’événement, mardi 14 juillet 1908, p. 1.
« Automatic Wood Box and Turning Company », Gazette officielle du Québec, no 48, 27 novembre 1909, p. 2018.
« Parc St-Valier », L’événement, lundi 15 novembre 1909, p. 5.
« Avis », La Libre parole, samedi 19 octobre 1912, p. 2.
« Avis », Gazette officielle du Québec, no 39, 27 septembre 1913, p. 1957.
« La Compagnie d’Habitations St-Malo », Gazette officielle du Québec, no 1, 7 janvier 1922, p. 46.
« Hardis automobilistes sur la route Québec Lac St-Jean », Le Colon, jeudi 8 septembre 1927, p. 6.
« Décès de M. Eug. Lamontagne, âgé de 74 ans », L’Action catholique, lundi 2 juin 1941, p. 8.
« Funérailles de M. Eug. Lamontagne », L’Action catholique, jeudi 5 juin 1941, p. 9.
Réjean Lemoine, « Chronique d’une rivière disparue : les premiers signes de détérioration de la Lairet », MonLimoilou, 8 avril 2020.
Carole Després et Pierre Larochelle, « Habiter Limoilou : un art de vivre », Cap-aux-Diamants, numéro spécial « Limoilou, un siècle d’histoire », 1996, p.40-45.
Gilles Gallichan, « Maires, conseillers, députés et curés de Limoilou », Cap-aux-Diamants, numéro spécial « Limoilou, un siècle d’histoire », 1996, p. 65-67.
« Avenue Eugène-Lamontagne », fichier de toponymie de la Ville de Québec.