Biographie
Peintre né à Hull, Jean Dallaire fait ses débuts officiels en peinture comme peintre religieux, bien qu'il fut plus tard reconnu pour son anticléricalisme. C'est grâce à l'appui du père Georges-Henri Lévesque qu'il décroche une bourse du gouvernement du Québec qui l'envoie à Paris avec sa jeune épouse, en 1938, où il travaille dans les ateliers d'art sacré de Maurice Denis et étudie le cubisme avec André Lhote. Son bonheur est de courte durée, toutefois, car en 1940, il est fait prisonnier au stalag Saint-Denis pour ressortissants de l'Empire britannique. Son internement durera quatre ans. En stage d'études lors de l'invasion de la France par les Allemands en 1940, il est interné durant toute la guerre en raison de sa nationalité canadienne. De retour au Canada en 1945, il enseigne à l'école des Beaux-Arts de Québec de 1946 à 1953, mais préfère dispenser ses cours à la taverne du coin, dit-on. Ces années sont prolifiques pour l'artiste, alors qu'il produit des oeuvres d'une qualité exceptionnelle. De nature individualiste et ne voulant pas s'identifier aux mouvements modernes de son époque, il se forge très tôt une réputation de marginal dans le monde de l'art. Dallaire, le rêveur, l'insoumis, est difficilement classable puisqu'il explore plusieurs styles, tels le surréalisme, le symbolisme et le cubisme. Mais quelque soit l'approche artistique utilisée, ses oeuvres ont toutes un cachet unique en soi tant au niveau de la créativité que de la sensibilité qu'elles dégagent. Bien qu'il vit sa carrière en solitaire et fréquemment en exil, c'est cette liberté même qui lui aura permis de s'épanouir et de contribuer à l'histoire de l'art québécois en l'enrichissant d'oeuvres originales, fantaisistes et romantiques. Il participera à diverses expositions au cours de sa carrière partout dans le monde, notamment au Canada, en France, aux États-Unis et au Brésil. Jean Dallaire fait figure d'indépendant dans l'art québécois, car il s'est peu intégré aux mouvements officiels. Sa production est marquée par les influences du cubisme, de l'expressionnisme et du surréalisme. A partir de 1953, il travaille comme dessinateur de cadres fixes pour l'Office national du film, à Ottawa et à Montréal. C'est à ce moment qu'il crée le film fixe Cadet Rousselle, dont les aventures sont chantées par Félix Leclerc. En 1958, Dallaire, rongé par la maladie et l'alcoolisme, retourne en France, s'on pays d'adoption. Il s'établit dans le sud, à Vence, où il peint jusqu'à sa mort prématurée en 1965, à l'âge de 49 ans. Attention, il semble qu'il portait à son baptême le prénom de Jean-Philippe, mais il a fait carrière simplement sous le nom de Jean Dallaire.