Passer au contenu principal

Accueil / Citoyens / Patrimoine / Répertoire du patrimoine bâti / Fiche

Répertoire du patrimoine bâti

Fiche

Néo-Tudor

Le style néo-Tudor se caractérise par une approche plus sobre du vocabulaire Tudor qui s’est développé en Angleterre au 16e siècle sous les règnes d'Henri VIII (1491- 1547) et d’Élizabeth 1re (1533-1603). S’inspirant de l’architecture traditionnelle anglaise et écossaise, il se veut un rappel des manoirs et des fermes de cette période. Le style néo-Tudor est popularisé à Québec à la fin du 19e siècle, entre autres par les architectes et la communauté bourgeoise de souche anglo-saxonne qui désirent affirmer son identité culturelle. Il s’agit d’un retour aux sources, afin d’en arriver à une architecture anglaise authentique. Présent sur le territoire de la ville entre 1890 et 1920, il est principalement associé à l’architecture résidentielle.

Le bâtiment de style néo-Tudor possède un plan symétrique ou asymétrique dont la flexibilité permet d’aménager des espaces intérieurs fonctionnels, de même que privés et confortables en ce qui a trait à l’habitation. Il est revêtu de pierre, de brique rouge ou de bois et les étages font saillie sur le rez-de-chaussée. Les pignons ou certaines parties des façades sont découpés par des faux colombages inscrits dans des surfaces en crépi ou en enduit blanc. La toiture à forte pente est munie de lucarnes et de hautes cheminées ornées à leur sommet. Les ouvertures en arc Tudor, soit un arc brisé surbaissé, comprennent par exemple des fenêtres hautes et étroites à meneaux et à croisillons de pierre. Afin d’augmenter l’apport naturel de lumière à l’intérieur, des saillies telles que des tours carrées, des oriels et des logettes sont considérés comme des extensions non négligeables à la construction. En réponse à la recherche de pittoresque en cours durant l’ère victorienne, le bâtiment de style néo- Tudor veut établir des liens avec l’environnement naturel ou bâti. Il tend par conséquent à s’adapter au milieu dans lequel il s’insère.

Éléments caractéristiques :
- Composition issue de l’architecture traditionnelle anglaise et écossaise qui s’inspire des manoirs et des fermes du 16e siècle : avec ou sans symétrie; création d’un effet pittoresque avec l’intégration des formes à l’environnement naturel et bâti.
- Plan simple ou irrégulier, mais flexible; étages en saillie sur le rez-de-chaussée.
- Deux à trois niveaux d’occupation (1 étage ½ à 2 étages ½); aménagement fonctionnel des pièces, en plus d’être privé et confortable pour la maison.
- Fondation en pierre visible hors sol.
- Murs : revêtement de pierre ou de bois, mais généralement de brique rouge combiné avec le crépi ou l’enduit (stuc) blanc. - Toit à deux ou quatre versants droits ou à quatre versants droits tronqués; pente moyenne (entre 30° et 45°) ou forte (plus de 45°); revêtement d’ardoise, de bardeau de cèdre ou de tôle traditionnelle.
- Ouvertures rectangulaires ou en arc Tudor (arc brisé surbaissé); porte à panneau(x) avec ou sans vitrage surmontée d’une imposte; fenêtres à meneaux et à croisillons de pierre ou à battants et à petits ou à grands carreaux, mais généralement à guillotine avec ou sans petit-bois; présence de lucarnes.
- Saillies : cheminées, logettes, oriels, perron et tours carrées.
- Ornements : corniches, épis, faux colombages, frontons et pignons.

Illustration : Charles-Étienne Brochu, 2022.