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Patrimoine

Le port de Québec : témoin de nombreuses pandémies

12 novembre 2020 (4 votes )

Texte de Madeleine Des Rosiers, Port de Québec

Depuis la venue des premiers Européens en terre d’Amérique, les difficultés liées à notre adaptation ici ont été nombreuses. Les premiers colons ont apporté la variole, la rougeole et la fièvre jaune, des maladies qui n’étaient pas connues ici. Il y a également eu les dysenteries, la grippe espagnole, le choléra, le typhus et de nombreuses autres calamités. Nos ancêtres ont tous eu à faire preuve de résilience et de courage pour passer à travers ces difficiles épreuves.

Au port de Québec, la naissance de nombreux chantiers de construction navale fait croître la ville, intensifie les besoins en main-d’œuvre, et par conséquent en immigration, afin de défricher les terres et de coloniser le territoire. Le bois coupé ici est alors expédié en sol anglais et, afin de rentabiliser leurs voyages, les capitaines profitent du désir des immigrants de faire la grande traversée vers le Nouveau Monde. Il faut savoir que les temps sont plutôt difficiles pour les Européens; la guerre, la famine, la maladie et la pauvreté sévissent un peu partout sur le continent.

La traversée à cette époque pouvait prendre plusieurs semaines et la saison navigable ne durait que 5 à 6 mois. Les cales des navires étaient surpeuplées et devenaient alors de véritables foyers d’infection.

Pour protéger les populations établies en Amérique contre ces infections, les autorités portuaires et le gouvernement du Bas-Canada réquisitionnent la Grosse Île, qui fait partie de l’archipel de l’Isle-aux-Grues. Ils envoient d’urgence des militaires pour y mettre en place la station de quarantaine du Port de Québec dès 1832.

La station de quarantaine a souvent été sollicitée. Malgré le manque de coopération de plusieurs capitaines et armateurs récalcitrants à perdre du temps en quarantaine, elle réussit sporadiquement à ralentir la propagation des maladies. Elle a souvent été mise à rude épreuve, en particulier en 1847 alors que le typhus, aussi appelé « La fièvre des navires », fait un grand nombre de victimes en mer de même qu’à l’arrivée des navires à Québec. À un certain moment, 36 navires amarrés près de la station de Grosse-Île, avec à leur bord des centaines de passagers malades qui attendent impuissants, attendaient de pouvoir procéder au débarquement tandis que les installations de la station étaient déjà débordées. Nombre d’entre eux n’ont jamais touché le sol de leur nouvelle patrie. En 1847, près de 5 000 Irlandais sont décédés et ont été enterrés sur l’île.

Aujourd’hui, l’agence Parcs Canada a réhabilité certaines des installations de quarantaine et a fait de Grosse-Île un lieu historique d’animation ouvert au public.

Pour en apprendre davantage sur le sujet, nous vous invitons à lire les six chroniques historiques du rallye historique du Port de Québec.

Références : Rallye historique pédestre du Port de Québec 2020

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