Le Vieux-Limoilou dans la peau Passer au contenu principal

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Patrimoine

Le Vieux-Limoilou dans la peau

30 mars 2020 (2 votes )

Texte de Émilie Vézina-Doré

Ce billet de blogue est un complément d’information au troisième épisode de la série web Suivez le Guide!, réalisée en collaboration avec Kollectif. En compagnie de diverses personnalités, la série met de l’avant l’architecture et le patrimoine de quatre quartiers de la ville de Québec.

Du passé agricole à l’ère Hedleyville

Au début du 19e siècle, le territoire situé au nord de la rivière Saint-Charles est dédié à l’agriculture. On y accède par le pont Dorchester, à partir du quartier Saint-Roch, où convergent les chemins menant à Beauport et Charlesbourg, soit le chemin de la Canardière et la 1re Avenue qu’on connaît aujourd’hui.

L’activité maritime qui se développe aux abords de la rivière Saint-Charles attire bon nombre de charpentiers, menuisiers, cordiers et voiliers à venir s’établir dans le secteur. Cet afflux de travailleurs donnera naissance à la modeste agglomération d’Hedleyville, qui compte une cinquantaine de maisons dans les années 1860. Les Augustines cèdent un terrain pour y construire l’école Saint-Charles-de-Hedleyville, aujourd’hui classée immeuble patrimonial.

Les Augustines à l’œuvre

Au début des années 1890, l’économie régionale prend de la vigueur et deux chemins de fer reliés à Saint-Anne-de-Beaupré et au Lac-Saint-Jean sont construits à Hedleyville. L’apparition d’une gare et de voies ferrées en bordure de la ferme des Augustines amènera ces dernières à lotir leur propriété en 1891. Dans la continuité des rues d’Hedleyville naissent les rues De Beaujeu, Flynn, J.-E.-Cauchon et Olier.

Les religieuses réservent la section est de la future 8e Avenue aux activités institutionnelles. Dès le départ, elles détachent un terrain pour la construction d’une église et d’un presbytère. Ce legs à la paroisse en devenir de Saint-Charles favorisera le développement des lieux. L’église sera rasée par les flammes à deux reprises. L’église Saint-Charles-de-Limoilou qu’on connaît aujourd’hui sera finalement construite entre 1918 et 1920.

Hedleyville se joint à d’autres hameaux implantés au nord de la rivière Saint-Charles pour former la nouvelle municipalité de Limoilou en 1893. Le maire et les conseillers tiennent leurs premières réunions dans l’école d’Hedleyville, le bâtiment alors le plus imposant de la modeste localité semi-rurale. La jeune municipalité est particulièrement préoccupée par les faibles revenus de ses résidents et par les inondations saisonnières.

La modernité aux portes des vieux faubourgs

L’essor industriel et commercial de la ville ainsi que la croissance de la population éveillent l’intérêt des spéculateurs et des promoteurs fonciers. À distance de marche du quartier de Saint-Roch, nouveau centre de l’activité économique, les terres de Limoilou ont tout pour séduire. En 1906, l’ancienne ferme de la famille Anderson est achetée par la Quebec Land Company pour finalement être lotie à l’américaine, avec des numéros de rues et d’avenues.

Le projet de la Quebec Land Company, qui rappelle le quadrillé des villes américaines, est novateur à plusieurs égards. On y prévoit des rues larges, un réseau de ruelles en H et des lots beaucoup plus grands que dans les quartiers anciens. Autres nouveautés, tous les immeubles devront être construits en retrait du trottoir et chaque logement aura son entrée privée. Les résidents pourront y jouir de grands appartements aux typiques salons doubles, parfaits pour les grandes familles.

L’annexion de Limoilou à la Ville de Québec, en 1909, entraînera de nombreux changements, incluant notamment l’extension du réseau d’aqueduc et d’égouts, l’arrivée des tramways, l’abolition du péage sur le pont Dorchester, la construction du pont Drouin et de la caserne de pompier N. 10, aujourd’hui convertie en espace de travail partagé.

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