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Patrimoine

Du terrain aux réserves archéologiques : les étapes d’une intervention archéologique

13 août 2021 (7 votes )

Texte par Rachel Archambault

Les fouilles archéologiques sont probablement ce qui vous vient spontanément en tête lorsqu’on parle d’archéologie.

Mais la pratique archéologique ne se résume pas qu’aux fouilles sur le terrain! Il s’agit d’un véritable processus, dont certaines étapes sont très peu connues du public. Curieux?

Voici les grandes étapes d’une intervention archéologique :

L’évaluation du potentiel archéologique

Avant de débuter une intervention sur le terrain, les archéologues doivent d’abord évaluer le potentiel archéologique du site visé. Cette évaluation se base sur les documents d’archives tels que les cartes anciennes, les recensements, les photographies aériennes, mais aussi grâce aux nouvelles technologies, comme le LiDAR (Light Detection and Ranging). Une fois l’évaluation du potentiel effectuée, des recommandations sont émises sur les types d’interventions qui doivent être planifiées.

L’inventaire archéologique

L’inventaire d’un site consiste à réaliser des sondages pour confirmer ou infirmer le potentiel archéologique d’un terrain. Cette méthode consiste à quadriller le site de façon systématique ou de se concentrer dans les zones à plus fort potentiel. L’inventaire permet de déterminer l’emplacement, la taille ainsi que la valeur culturelle et scientifique d’un site archéologique. Il permet aussi de mieux planifier d’autres interventions subséquentes. Les archéologues produisent alors un rapport de recherche présentant le contexte historique du site, les objectifs des fouilles, les découvertes (le cas échéant), les interprétations et les recommandations. Si l’inventaire démontre que le site à l’étude présente bel et bien un potentiel intéressant, un code Borden sera émis pour ce site et il sera ajouté à l’Inventaire des sites archéologiques du Québec géré par le ministère de la Culture et des Communications.

Les fouilles archéologiques

D’une durée variable selon l’ampleur du site et les objectifs à atteindre, les fouilles permettent une documentation en profondeur du site archéologique et la sauvegarde des informations enfouies dans le sol. En se basant sur l’étude de potentiel et l’inventaire effectué en amont, l’archéologue responsable décide de l’emplacement des zones à fouiller. Chaque couche de sédiment est documentée avec soin, avec des photographies, des notes, des dessins et des données d’arpentage. Tous les artefacts et les écofacts comme des ossements d’animaux retrouvés sont conservés.

En fouillant un site, l’archéologue le déconstruit sur le terrain pour le reconstruire dans un rapport de recherche, d’où l’importance d’une documentation minutieuse. C’est ainsi que nous pouvons comprendre la formation des sites et les habitants qui les ont occupés. Dans plusieurs cas, il est possible de laisser les vestiges en place, comme des fondations en pierres. En milieu urbain, les fouilles archéologiques ont souvent lieu lorsqu’un site est menacé par des excavations. C’est donc le travail de l’archéologue de sauvegarder, par l’entremise de sa documentation, les vestiges archéologiques.

La gestion des découvertes au laboratoire

Les artefacts mis au jour lors de l’inventaire préliminaire ou ceux découverts durant la fouille sont alors nettoyés et étudiés. Avec les photographies, les dessins et les notes de terrains, ce sont les seules traces restantes du site archéologique : la gestion des artefacts est donc un volet important d’une intervention archéologique. Le traitement des artefacts au laboratoire débute par un nettoyage minutieux, dans le but de bien voir tous les détails des objets, de permettre leur identification, leur analyse et leur conservation. Par exemple, les céramiques sont habituellement nettoyées à l’eau, alors que le métal sera nettoyé à sec, sous une hotte. Des artefacts plus fragiles, tels que le textile, demandent plus d’attention et de minutie, afin de les stabiliser et de les préserver.

Les artefacts ne sont pas les seules découvertes qui doivent être prises en charge à la suite d’une intervention archéologique. Tout ce qui se trouve sur un site archéologique, comme des échantillons de sédiments, peut s’avérer un indice dans l’interprétation de ce site, de sa formation, de son occupation initiale jusqu’à son abandon.

L’analyse et/ou l'entreposage des collections

Une fois l’ensemble des artefacts nettoyés, ils sont numérotés puis identifiés. Tous les artefacts mis au jour font l’objet d’une analyse qui permettra d’en déterminer le matériau, le type d’objet, la fonction, le nombre de fragments, la description et la datation lorsque possible.

Une fois les analyses effectuées, les artefacts sont emballés de façon à favoriser une conservation à long terme de leur intégrité. Ils sont entreposés dans les réserves archéologiques de la ville où reposent tous les artefacts de la Ville de Québec qui ne sont ni en exposition ni en cours d’analyse.

Avec plus de 900 sites, plusieurs trésors archéologiques sont ainsi entreposés dans les réserves archéologiques de la Ville de Québec. Qui sait?  Vous aurez peut-être la chance de voir certains de ces objets lors de votre prochaine visite dans un musée ou un lieu d’interprétation de Québec!

Consultez ce lien pour en savoir plus sur les différents sites archéologiques de la ville de Québec.

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