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Toponymie

Fiche

D'Youville

place

7 octobre 1965

Vieux-Québec–Cap-Blanc–Colline Parlementaire

La Cité-Limoilou

D'Youville , carré ; Montcalm , carré

rue

7 avril 1876

Vieux-Québec–Cap-Blanc–Colline Parlementaire

La Cité-Limoilou

Saint-François , rue

Née à Varennes au Québec, Marie-Marguerite Dufrost de Lajemmerais, veuve d'Youville (1701-1771), connue sous le nom de sainte Marguerite d'Youville, est la fondatrice des Sœurs de la Charité, ou Sœurs grises de Montréal. Marie-Marguerite est la petite-fille de Pierre Boucher, seigneur de Boucherville. À l'âge de 21 ans, elle épouse François-Madeleine d'Youville qui lui donnera six enfants dont deux seuls survivront. Veuve à 28 ans, elle fait entrer ses deux fils au séminaire de Québec et va désormais se consacrer aux pauvres et aux malades de Montréal. En 1738, elle ouvre une maison d'accueil qui disparaît dans un incendie en 1745. Deux ans plus tard, les Sulpiciens de Montréal lui confient la direction de l'Hôpital Général de Montréal, dont elle rétablit la situation financière. En 1755, Mgr de Pontbriand approuve la charte de la communauté qu'elle a fondée avec quelques compagnes; ses membres sont reconnues comme Sœurs de la Charité de l'Hôpital Général de Montréal. D'abord un hospice réservé aux pauvres et aux enfants abandonnés, puis aux filles « perdues », l'établissement devient un véritable hôpital avec l'arrivée des premiers blessés de la guerre de Sept ans. L'hôpital est anéanti en 1765 lors du grand incendie de Montréal mais il est reconstruit en quelques mois. Au siècle suivant (1849), une sœur de la Charité de Montréal, mère Marcelle Mallet, viendra dans la capitale pour y fonder les Sœurs de la Charité de Québec. Marguerite d'Youville est canonisée par le pape Jean-Paul II le 9 décembre 1990.

Anciens toponymes
C'est en 1877 qu'est créée, à l'extérieur de la porte Saint-Jean, la place du marché Montcalm. La halle de ce marché est démolie en 1931 et remplacée en 1932 par le Palais Montcalm. La place devant le Palais Montcalm est d'abord appelée carré Montcalm, puis carré D'Youville. Elle est officiellement nommée place D'Youville en 1965, mais plusieurs Québécois et Québécoises disent encore « le carré D'Youville ». C'est à proximité de la place D'Youville que les Sœurs de la Charité de Québec établissent leur maison-mère, appelée aujourd'hui la Maison Mère-Mallet. La place D'Youville figure parmi les sites historiques et archéologiques majeurs au Québec. En effet, les fouilles effectuées en 1986 et 1987 témoignent à la fois de l'ancienneté et de la complexité des occupations de ce site. C'est ici que sont découvertes les premières traces de présence amérindienne identifiées sur la colline de Québec.

La rue D'Youville est visible sur une carte de 1874, bien qu'elle n'y porte pas de nom. Sur une autre datant de l'année suivante, elle apparaît sous le nom de rue Saint-François, probablement en l'honneur de saint François, fondateur de l'Ordre des Franciscains. On donne à cette rue le nom de D'Youville en avril 1876 car elle débouche sur la chapelle des Sœurs de la Charité de Québec.

Sources

Règlement 1489, 7 octobre 1965 (place); règlement 251, 7 avril 1876 (rue); Ville de Québec. Guide odonymique de la ville de Québec 1608-1988, 1989; Cartes de 1874 et de 1875 de Paul Cousin, AVQ; Dictionnaire biographique du Canada ,vol. IV; Dictionnaire canadien des noms propres, Larousse Canada, 1989; Collectif. Ces femmes qui ont bâti Montréal, Montréal, Éditions du Remue-Ménage, 1994; Mitchell, Estelle. « Marguerite d'Youville : “ Mère à la charité universelle “ », Cap-aux-Diamants (cd-rom 1985-1995), no 26, été 1991; Ville de Québec. On a fouillé le passé ! : cinq sites archéologiques de Québec à découvrir, à imaginer, à connaître, 1999, p. 20; Lebel, Jean-Marie. Propositions de modifications aux données historiques du « Guide odonymique de la ville de Québec 1608-1988 », inédit, 2e version corrigée et augmentée, Ville de Québec, juin 2000.

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